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Table des matières
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1- Numéro spécial : l'année 1778
Roland DESNÉ et Michel VOVELLE : Présentation 5.
Pierre RÉTAT : Une année au jour le jour. Chronologie
du 1er janvier au 31 décembre 7
Michel GUYARD : Un provincial à Paris en juillet: extraits
du journal inédit de Nicolas LOUET, avocat chaumontais 33
Jean-Claude DAVID: Paris en août: une lettre inédite
de GINGUENÉ à ÉCOUCHARD-LEBRUN 55
Paul HOFFMANN: Une lettre inédite de Philippe SECRETAN à
MIRABEAU (septembre) 65
André MAGNAN: Prophétie féministe pour l'après-89
: une lettre inédite de la comtesse de BENTINCK 71
Pierre RÉTAT : L'année vue par les journaux: problèmes
et propositions. 83
Claude LABROSSE : Le récit d'événement dans
la presse 99
Pierre LAMARQUE: Naissance de l' Assemblée Nationale »
111
Michel PÉRONNET : Nos Seigneurs du clergé de France
119
Vida AZIMI : L'écho des employés ou le nouveau discours
administratif 133
F. BLÉcHET : A la Bibliothèque du Roi 151
Monique CUBELLS : A Aix-en-Provence : le mouvement et la résistance.
161
Yves BENOT : La question coloniale: l'année des déceptions
et des contradictions 179
Antoine de BAECQUE : L'homme nouveau est arrivé. La "
régénération » du Français 193
Jacques GUILHAUMOU : Le récit du 14 juillet dans les Vies
politiques (1793-94) 209
Malcolm COOK: Le roman en France 221
Jean-Rémy MANTION : Autopsie de la Bastille: peindre l'événement.
235
Jean-Louis JAM : La musique à Paris 249
Hans-Jürgen LÜSEBRINK et Rolf REICHARDT : L'écho
de 1789 en Allemagne 259
Leopoldo COLLOR JOBIM et Joâo-Luis LISBOA: Les diplomates
portugais devant la Révolution 277
Andrée MANSUY-DINIZ SILVA: L'année vue de Turin par
un diplomate portugais 289
Jean-Paul de LAGRAVE : L'année dans la Gazette de Montréal
315
Jacques RUELLAND : La Déclaration des Droits dans la Gazette
de Québec. 333
II. MÉLANGES :
Michel PÉRONNET : Discours ecclésial, monarchique
et médical sur la maladie 337
Marie SOUVIRON : Diderot dans l'allée des Marronniers. Être
matérialisteen1747 353
Ann THOMSON: L'homme-machine : mythe ou métaphore ? 367
Jean-François COMBES-MALAVIALLE : Vues nouvelles sur l'abbé
de Prades 377
David BEESON : Une anecdote sur La Condamine 399
Belinda CANNONE : Le lecteur y mettra le titre. Un pamphlet de Mirabeau
en faveur de la musique instrumentale 403
Raymond TROUSSON : Mirabeau vu par les écrivains romantiques.
415
Yves CHASTAGNARET : George Sand et la Révolution française
431
François MOUREAU : L'Italie d'Antoine Watteau, ou le rêve
de l'artiste. 449
Documentation :
Jean SGARD : Regard critique sur l'édition des OEuvres de
Prévost. 459 DominiqueBOUREL: 1986, année Frédéric
le Grand 465
Notes de lecture : Revues, publications
pluridisciplinaires, bibliographies. 469 Éditions de textes
483 Histoire. 501 Histoire des idées 547 Littératures.
564 Arts 578
Index alphabétique des notes de lecture 587 Livres reçus
592 Correspondance: Sur le rousseauisme en France avant 1789 : une
lettre de Roger BARNY et la réponse de Lise ANDRIES 595 Summaries
of the articles in this issue (avec la collaboration d'Ann THOMSON)
597
Présentation
 |
En proposant un numéro sur « l'année 1789 ",
nous n'avons pas mésestimé les difficultés
de l'entreprise. Celle-ci n'est pas sans précédent:
notre revue avait produit, dans son numéro 11 (1979), un
dossier sur « l'année 1778 ", s'affrontant déjà
à l'exercice périlleux de saisir, à un moment
donné, les richesses d'un instant et les contradictions dont
il est chargé, sans anticiper l'avenir dont îl est
porteur. 1789, à cet égard, représente un rendez-vous
redoutable, tant par son importance historique réelle que
par sa valeur symbolique.
On s'apprête à célébrer officiellement
1789. D'aucuns voient dans la durée de cette année
la limite à ne pas dépasser, quitte à tricher
un peu en poussant jusqu'au 14 juillet 1790 où la Révolution
investit dans la fête de la Fédération le rêve
unanimiste d'un nouvel ordre et l'illusion du retour au calme. Ce
n'est pas par prudence diplomatique que nous avons posé les
bornes du chantier ouvert ici. Quel chercheur -et quel lecteur -affectera
la pieuse hypocrisie de prétendre ignorer la suite ? Il s'agit
simplement, en évitant la tentation d'une reconstruction
rétrospective, d'essayer de coller aux réalités
de l'année 1789 telles qu'elles ont été vécues
et perçues. Sans vouloir, pour autant, atteindre à
l'impossible chronique-vérité qui restituerait le
tourbillon des faits, des idées et des réactions au
jour le jour. Un choix est nécessaire qu'il ait été
fait par les contemporains ou qu'il s'impose à nous qui tentons
de comprendre.
Des supports privilégiés se sont donc imposés
d'abord. Correspondances ou pages de livre-journal permettent de
saisir à l'état naissant la perception des événements
et les jugements qu'ils suscitent. Les inédits que nous publions
accroissent et nuancent le corpus de référence trop
souvent invoqué de façon répétitive
par l'historiographie d'hier et d'aujourd'hui. Le moment révolutionnaire
valorise également d'autres sources, préexistantes
souvent mais auxquelles il confère un intérêt
exceptionnel. Ainsi la presse dont. l'explosion, liée à
l'événement comme à la levée de la censure,
fait une référence majeure tant par l'apport des informations
que par la diversité des regards et, très vite, des
options tranchées. En prolongement du journal, le pamphlet
est un autre moyen de surprendre, dans le court terme, la constitution
d'images et d'idées-force. A côté des indicateurs
de ce qui bouge, voici les chroniques de la continuité: sur
la vie musicale, sur la production littéraire ou picturale.
Point de rupture brutale, semble-t- il, en ces domaines. L'intégration
de nouveaux thèmes, et plus encore d'une sensibilité
modifiée, voire de formes inédites à l'usage
des temps nouveaux, ne se fera que progressivement. D'autres contributions
incitent à découvrir un regard plus lointain ou réfracté
sur les événements de France. Celui des étrangers,
notamment dans les correspondances diplomatiques -une mine encore
à exploiter -, s'inscrit en continuité avec le témoignage
des correspondances et livres- journaux, mais avec sa spécificité,
son acuité propre. On mesure ainsi, jusqu'au Québec,
l'écho révolutionnaire. Enfin, il a paru légitime
de retenir le souvenir de 1789 dans la mémoire de ceux, patriotes
ou suspects (ou successivement les deux à la fois) qui ont
eu à rendre compte, en 1793-94, de leur activité au
début de la Révolution: passé reconstruit autant
que vécu, mais témoignage sur la façon dont
la mutation historique a été perçue et très
vite mise en forme.
De ces approches différentes peut-on tirer une vision d'ensemble
?
On observera les ouvertures, les disponibilités d'une séquence
où rien n'est encore dit, où chaque témoin
fait sa synthèse personnelle. Cependant, autour des événements
fondateurs (prise de la Bastille, nuit du 4 août, journées
d'octobre -parfois sous-estimées dans leur impact), le tri
commence à s'opérer, une hiérarchie se dessine
entre l'expérience des troubles au quotidien et la prise
de conscience d'une rupture sans retour. « Nos seigneurs du
Clergé de France » s'effacent pour entrer dans le passé
de ce qui devient l'Ancien Régime. Nouveaux concepts et nouvelles
institutions: l'Assemblée nationale s'impose comme référence
centrale. L'« Homme nouveau » est arrivé. On
commence à le croire et à le proclamer, en rapport
avec l'idée de régénération qui va dominer
la période, et en oubliant, ce qu'une comtesse nous rappelle
ici, que l'émancipation des femmes n'a pas commencé.
Cela ne va pas sans provoquer des résistances. On les mesure
sur le terrain avec l'exemple, significatif, d'Aix-en-Provence.
Et la résistance peut encore triompher, comme on en juge
à partir d'un test et d'un enjeu: le problème colonial.
Entre résistance et mouvement, ceux qui ont opté pour
le nouveau régime sont partagés entre deux idées
également fortes: celle que la Révolution est achevée,
pour ceux qu'habite désormais un désir d'ordre et
de solidification; celle que la Révolution reste à
faire, pour ceux, comme Marat, qui jugent l'appel au peuple nécessaire
et la turbulence salvatrice pour déjouer les projets de la
Contre-Révolution.
Nous savons, nous, la suite. 11 n'en est que plus fascinant de se
placer, sans préjugés et sans préalables, autant
qu'il est possible, au cœur du processus révolutionnaire
de l'année inaugurale pour en apprécier toutes les
richesses, toutes les virtualités.
ROLANS DESNÉ ET MICHEL VOVELLE
UNE ANNÉE AU JOUR LE JOUR
CHRONOLOGIE DU 1er JANVIER AU 31 DÉCEMBRE 1789
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Une chronologie est un exercice périlleux. Je demande d'avance
l'indulgence pour les erreurs qui se seront glissées dans
celle-ci. Mais l'incertitude du choix est beaucoup plus grave. Faute
d'y échapper, ayons au moins conscience des risques qu'elle
fait courir.
Les premières chronologies de la Révolution sont presque
uniquement des instruments de repérage de son oeuvre législative
et de quelques événements majeurs: ainsi, de Hullin
de Boischevalier, le Répertoire ou Almanach historique de
la Révolution Française, depuis l'ouverture de la
première assemblée des notables, le 22 février
1787, jusqu'au 1er vendémiaire an V (22 sept. 1797) (Paris,
1798), où l'année 1789 tient en vingt petites pages.
Des monographies de 1789 ou des chronologies générales
de la Révolution ont, depuis lors, tenté de donner
des faits une image beaucoup plus complète: je ne citerai
que la « Table chronologique des événements
de 1789 », à la fin de l'An 1789 d'Hippolyte Gautier
(Paris, 1888-1889) et l'Almanach de la Révolution Française
de Jean Massin (Paris, 1963). La première se caractérise
par une attention très louable portée aux cérémonies,
celles de l'Ancien Régime politique et religieux, derniers
signes symphoniques avant une mort prochaine, et celles de la Révolution
naissante; le second, qui reste très estimable, accompagne
souvent les faits de leur interprétation, et présente
une vue résolument finaliste de 1789 : Robespierre et Marat
y figurent déjà comme des protagonistes dont les interventions
sont privilégiées.
On ne prétendrait pas sans présomption donner de 1789
une image « fidèle » et conforme à l'expérience
des contemporains. J'ai essayé, pour une bonne part, de constituer
cette chronologie à partir de la lecture des journaux parisiens
et des gazettes. Ils invitent d'abord à faire une place prépondérante
aux travaux de l'Assemblée, objets d'une curiosité
passionnée. A cet égard, je me conforme à la
pratique de tous les chronologistes antérieurs; encore ne
faut-il pas, comme J. Massin, passer froidement sous silence le
retour de Necker, considéré sans doute comme insignifiant;
et il n'est pas inutile de signaler, outre les principaux débats
et décrets, quelques tumultes et incidents de séance,
auxquels les journalistes ont été souvent sensibles:
ce ne seront ici que de rares indices d'une atmosphère agitée
et parfois violente.
Comment faire la part, qui devrait être immense, des petits
événements, des rumeurs, de la crainte constante des
complots, de la disette, des émeutes populaires, mais aussi
des rites collectifs, de l'emballement des « dons patriotiques
», de toutes les expressions sensibles et édifiantes
de l'amour du roi. ..? Il faut, ici encore, se contenter de quelques
traits significatifs, parmi ceux que la presse indique avec le plus
d'insistance.
En ce qui concerne les nouvelles des pays étrangers, j'ai
privilégié, à la fin de l'année, les
événements du Brabant, que les journaux suivent avec
passion. Mais comment rendre compte des informations continues sur
la guerre austro-russo-turque, sur celle qui oppose la Suède
à la Russie, ou sur les débats de la diète
polonaise ?
Il fallait enfin combler, dans la mesure du possible, une lacune
des chronologies antérieures, qui passent généralement
sous silence la production imprimée et les événements
de la vie littéraire et théâtrale, à
l'exception de la première représentation du Charles
IX de M.-J. Chénier. J. Massin signale seulement les débuts
de quelques journaux, et les principaux pamphlets de Desmoulins.
Comment ignorer, cependant, l'Exposé de la conduite de M.
Mounier, dont le retentissement a été court, mais
immense, ou la publication de la seconde partie des Confessions
de Rousseau ? Je regroupe à la fin de chaque mois, dans leur
ordre chronologique approximatif, les publications les plus fréquemment
citées et commentées dans la presse politique et d'information
générale.
Les informations météorologiques, nécessaires
au début de l'année, et utiles pour quelques grandes
journées, sont tirées des tableaux du Journal général
de France et de I'« État du ciel » du Journal
de Paris.
La sélection sévère qu'impose une chronologie
ne va jamais sans arbitraire: résignons-nous à la
savoir trompeuse et contestable.
Les dates sont suivies de l'indication du jour de la semaine : L,
Ma, Me, J, V, S, D.
PIERRE RÉTAT
Janvier
I, J, Le grand froid dure depuis le 22 nov. ; la Seine est gelée
depuis le 26nov. Le thermomètre marque -17° Réaumur
(- 21° centigrades). La communication entre Calais et Douvres
est interrompue par les glaces, le bassin du port de Marseille entièrement
gelé. Tous les moulins sont arrêtés; pénurie
de farines dans toutes les provinces -Début des élections
des députés des États du Dauphiné aux
Etats Généraux.
2. v. Publication du Résultat du Conseil d'État du
Roi tenu à Versailles
le 27 déc. 1788, et du Rapport de Necker, posant les principes
pour la convocation aux Etats Généraux; doublement
du Tiers. Joie et illuminations à Paris pendant deux jours.
3 S. Arrêt du Conseil suspendant les États de Bretagne
pour un mois ; la noblesse occupe la salle nuit et jour; le Tiers
refuse d'y siéger.
1l. D. Arrêt du Conseil encourageant par des primes l'importation
des blés et des farines.
12. L. Vive fermentation à Besançon, où s'opposent
le Parlement et une partie de la noblesse favorable au Tiers; le
peuple menace le Palais.
13. Ma. Début du dégel. Débâcle catastrophique
de la Tamise à Londres.
14. Me. Débâcle du Rhône à Lyon.
18. D. Débâcle de la Seine à Paris et de la
Loire à Tours.
21. Me. Mort du baron d'Holbach, dans son hôtel de la rue
Royale-Saint-Roch. Assemblée générale de la
noblesse de Provence, qui enjoint à ses députés
le vote par ordre; Mirabeau y assiste; troubles à Aix.
26-27. L.-Ma. Graves troubles à Rennes, au Champ-Montmorin,
rixes entre les domestiques, la « populace » soulevée
par la noblesse, et les jeunes gens du Tiers; deux tués et
de nombreux blessés - Émeutes sanglantes à
Genève; causées par le prix du pain, elles prennent
une tournure politique.
28. Me. Plus de 2 000 jeunes Nantais se réunissent à
la Bourse, pour aller secourir leurs « frères »
de Rennes.
31. S. La jeunesse de Nantes, de Caen et d'Angers entre dans Rennes.
Des troupes sont envoyées en Bretagne pour maintenir l'ordre.
Troubles à Aix, où le peuple s'insurge contre les
deux premiers ordres et lapide le carrosse de l'archevêque.
A la fin du mois, troubles en Languedoc à propos des difficultés
élevées par les États sur la convocation des
États Généraux.
Publications: Histoire secrète de la Cour de Berlin, que
Mirabeau désavouera; Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers-Etat
? Nombreux pamphlets et brochures politiques.
Février
Les gazettes sont remplies de nouvelles d'Angleterre (sur la maladie
du roi), et d'Europe centrale (reprise de la guerre contre les Turcs).
4. Me. Publication des Lettres du roi pour la convocation des États
Généraux ( datées du 24 janv. ) et du Règlement
fait par le roi pour l'exécution des lettres de convocation
(fixant le mode d'élection et les circonscriptions).
6. V. A Genève, le Conseil des Deux-Cents adopte les articles
proposés par le peuple (rappel des exilés, renvoi
des régiments étrangers).
8. D. La noblesse de Provence exclut Mirabeau. 10. Ma. Le Parlement
de Paris condamne l'Histoire secrète de la Cour de Berlin
de Mirabeau.
13. V. Au Parlement, réquisitoire de l'avocat général
Séguier contre les écrits du Tiers Etat de Bretagne
(La Sentinelle du peuple de Volney) et d'autres brochures.
14. S. Début de l'envoi des lettres de convocation pour les
pays d'État (jusqu'au 19 mars).
21. S. Coup d'état royal en Suède, arrestation de
sénateurs et de membres de l'ordre équestre.
24. Mardi gras; carnaval.
Mars
Début des assemblées électorales de bailliages
et de sénéchaussées, et de la rédaction
des cahiers de doléances.
5. J. Retour triomphal de Mirabeau à Aix.
18. Me. A Marseille, la voiture de Mirabeau est traînée
par le peuple, il est couronné au spectacle; feux de joie
et danses devant sa maison.
20. V. Il est reconduit à Aix en musique.
23-24. L.-Ma. Violentes émeutes de la faim à Marseille
et à Toulon ; pillages, formation d'une garde bourgeoise.
Fermentation dans toute la Provence.
25. Me. Émeutes à Aix; garde bourgeoise.
28. S. Règlement pour les élections de Paris et de
sa prévôté ; institution des districts.
Disette et misère; les révoltes agraires éclatent
un peu partout, jusqu'en mai, et des troubles graves sont signalés
dans de nombreuses villes (Reims, Nancy, Besançon, Avignon...).
Publications: Instructions envoyées par M. le duc d'Orléans
pour les personnes chargées de sa procuration aux assemblées
de bailliages, relatives aux Etats Généraux, et Délibérations
qui les suivent, attribuées à Sieyès (qui font
grand bruit) ; premier Prospectus du Patriote Français de
Brissot (daté du 16) ,; Lettre au roi de Calonne, où
il demande à se justifier devant les Etats Généraux;
Nouvelles observations sur les Etats Généraux de France,
de Mounier .
Avril
2. J. Mirabeau élu par le Tiers État d' Aix. Calonne
retourne en Angleterre, après avoir essayé de se faire
élire à Bailleul -Mort du Sultan Achmet IV, auquel
succède Sélim III.
12. Pâques.
18. S. Assemblée improvisée du Parlement de Paris;
certains membres tentent de faire adopter des remontrances au roi
sur la convocation des Etats Généraux.
19. D. La noblesse et le clergé de Bretagne, assemblés
à Saint-Brieuc, refusent de députer en dehors des
formes anciennes.
21. Ma. Premières assemblées du Tiers parisien, par
districts, pour le choix des électeurs: précautions
extrêmes pour le maintien de l'ordre.
27-28. L.-Ma. Émeute au faubourg Saint-Antoine ; sac de la
maison Réveillon; répression sanglante par la troupe.
30. J. Première réunion des députés
du Tiers de Bretagne à Versailles (le « club breton
» ).
Publications: deuxième Prospectus du P9triote Français
(daté du 1er avril) ; à la fin du mois, L'Orateur
des Etats Généraux de Carra, dont le succès
est énorme.
Mai
2. S. Présentation des députés des États
Généraux au roi.
4. L. Chant du Veni Creator à Notre-Dame de Versailles; procession
du Saint-Sacrement, suivie par les États Généraux
dans les rues tapissées; messe du Saint-Esprit dans l'église
Saint-Louis, sermon de l'évêque de Nancy, « que
toute loi et tout jugement viennent de Dieu ».
5. Ma. Ouverture des États Généraux dans la
salle des Menus ;
discours du roi, du garde des sceaux Barentin, et de Necker .
6. Me. Les députés de la noblesse et du clergé
siègent dans leurs salles respectives; le Tiers, dans la
salle commune, propose une vérification col}lmune des pouvoirs
et refuse de se constituer. Arrêt du Conseil d'Etat interdisant
toute publication périodique à moins de permission
expresse.
7. J. Arrêt du Conseil d'État supprimant les États
Généraux de Mirabeau ( dont 2 nos paraissent le 6
et le 7).
8. V. Arrêté des électeurs du Tiers État
de Paris, protestant contre les arrêts précédents
et réclamant la liberté de la presse.
11. L. La Chambre de la noblesse se déclare constituée.
12. M. Service solennel à Saint-Louis de Versailles pour
le repos de l'âme de Louis XV; des députés des
trois ordres y assistent. Les électeurs du Tiers de Paris
commencent les élections du dernier degré; élection
de Bailly.
18. L. Mort de l'ancien garde des sceaux Lamoignon.
19. Ma. Lettre de Maissemy, directeur de la librairie, au Journal
de Paris ; les journaux « autorisés » peuvent
rendre compte des Etats Généraux en se bornant aux
faits, sans se permettre aucune réflexion. Fin des élections
à Paris, élection de Sieyès. Les Communes (nom
pris par le Tiers) nomment les députés pour les représenter
aux conférences de conciliation. Le clergé renonce
à toute exemption pécuniaire .
22. V. Après de longues contestations, la noblesse accepte
le principe de l'égalité devant l'impôt. Les
Communes refusent d'autoriser un journal des séances, et
repoussent la proposition que fait Panckoucke de le publier (discussion
poursuivie le 23).
23. S. Première conférence des commissaires conciliateurs.
25. L. Les 20 députés des Communes de Paris entrent
aux États Généraux. Les conférences
prennent fin sans résultat.
26. Ma. Les articles « audacieux » de la Gazette de
Leyde sont dénoncés à la Chambre de la noblesse,
qui se déclare de nouveau légalement constituée.
27. Me. Fermentation à Paris et à Versailles; dès
8 h. du matin, plus de 2 000 personnes se mêlent aux Communes
dans leur salle. Dans la Chambre du clergé, des curés
s'opposent aux évêques, et se déclarent prêts
à rejoindre les Communes; dans celle de la noblesse, d'Eprémesnil
évoque le sort de Charles 1er d' Angleterre.
28. J. Lettre du roi, demandant la reprise des conférences
devant des commissaires royaux. La noblesse déclare que la
délibération par ordre est « constitutive de
la monarchie ». Aux Communes, les députés bretons
demandent que la Chambre se constitue sur le champ et se déclare
« essentiellement nationale ».
29. V. Après de longs débats, les Communes acceptent
la reprise des conférences et votent une adresse au roi par
Mirabeau.
30. S. Début des conférences.
31. Pentecôte.
Publications: L'Abbé Raynal aux États-Généraux
(que Raynal désavoue le 16) ; Brissot, Plan de conduite pour
les députés aux Etats Généraux en 1789
,. 1re livraison du Tribun du peuple de Bonneville, vers le 15,
des Lettres du Comte de Mirabeau à ses commettants, vers
le 20.
Juin
I. L. D'Ailly élu doyen des Communes.
3. Me. Bailly lui succède. Dans la conférence de conciliation,
la noblesse refuse le terme de « communes », et ne signe
pas le procès- verbal.
4. J. Mort du dauphin à Meudon. Necker propose une «
ouverture de conciliation » entre les ordres.
6. S. La noblesse accepte le plan de conciliation, mais avec des
amendements qui le rendent nul. Une députation du clergé
invite le Tiers à délibérer sur les «
besoins pressants du peuple » ; le Tiers y voit une manoeuvre,
et invite en réponse le clergé à se réunir
à lui, pour se constituer en chambre nationale.
7. D. Projet de règlement provisoire des Communes, institution
des bureaux; motion de supprimer tous les titres étrangers
à celui de « représentant des Communes ».
9. Ma. Dernière conférence de conciliation; la noblesse
refuse de signer le procès-verbal.
10. Me. Les Communes acceptent la motion de Sieyès de se
constituer en « assemblée active », d'appeler
une dernière fois la noblesse et le clergé à
les rejoindre, et de commencer la vérification des pouvoirs.
11. J. Fête-Dieu ; des députés des ordres assistent
à la procession
12. V. Députation des Communes auprès des deux ordres
pour les inviter à la réunion; réponses dilatoires.
La séance des Communes attire une affluence prodigieuse;
dès 8 h. , la salle est comble ; début de l'appel
des députés. La Chambre de la noblesse nomme son président,
le duc de Luxembourg ;adresse au roi le suppliant de «conserver
l'ancienne constitution du royaume».
13. S. Funérailles du dauphin. Le roi reçoit l'adresse
des Communes l'instruisant de la délibération du 10.
Trois curés viennent se réunir aux Communes, sous
les applaudissements..
14. D. Réunion de six autres curés (dont Grégoire
et Dillon). Fin de l'appel des députés.
15. L. Les Communes débattent du mode et du titre de leur
constitution: « représentants de la nation., connus
et vérifiés », ou « Assemblée du
peuple français », ou « Assemblée de la
plus grande partie de la nation ».
16. Ma. Dans sa réponse à l'adresse des Communes,
envoyée de Marly, le roi désapprouve l' expression
de « classes privilégiées » pour désigner
les deux premiers ordres, et demande la confiance. 4 000 personnes
emplissent la salle dès 7 h. du matin. Plus de 20 curés
prennent encore séance. Legrand propose le nom d'«
Assemblée nationale » ; 83 opposants empêchent
la résolution.
17. Me. A midi, sur la proposition de Sieyès, les Communes
se constituent en Assemblée nationale, décrètent
que les impôts seront levés tant que l' Assemblée
subsistera, que ceux qui seront introduits sans le consentement
de la nation seront nuls, et reconnaissent la dette publique.
19. V. Dans la Chambre du clergé, malgré une majorité
pour la réunion du Tiers, compte tenu de ceux qui ont voté
avec des réserves, le cardinal de La Rochefoucauld lève
la séance; 142 membres restant en séance décident,
sous la présidence de l'archevêque de Vienne, la réunion.
Massé dans les cours, le peuple hue l'abbé Maury et
les évêques. Adresse de la Chambre de la noblesse au
roi le suppliant de maintenir la distinction des ordres.
20. S. Au conseil du roi, Necker propose le vote par tête,
deux chambres, le veto absolu. Les députés des Communes
trouvent la salle fermée, et gardée par les troupes,
sur ordre du roi envoyé de Marly en prévision d'une
séance royale le 22. Sous la pluie, ils gagnent le Jeu de
Paume; serment de ne pas se séparer jusqu'à l'affermissement
de la constitution, à l'unanimité moins une voix.
21. D. Rejet du plan de Necker au conseil du roi. Le roi déclare
à une députation de la noblesse qu'il maintiendra
son autorité.
22. L. Renvoi de la,séance royale au lendemain. L'Assemblée
nationale se réunit dans l'Eglise Saint-Louis, où
la rejoignent la majorité du clergé et 2 nobles.
23. Ma. Séance royale, en l'absence de Necker: le roi casse
les arrêtés des Communes, expose ses volontés,
et ordonne que chacun des ordres reprenne ses séances. Après
le départ du roi, les Communes restent; réponse de
Mirabeau au marquis de Dreux-Brézé, maître des
cérémonies; sur proposition de Mirabeau, l'Assemblée
décrète que ses membres sont inviolables. De nombreux
députés et la foule vont conjurer Necker de ne pas
donner sa démission; scène de sensibilité;
feux de joie devant sa maison.
24. Me. La majorité du clergé se joint de nouveau
à l' Assemblée ; cris pour protester contre les gardes
armés, qui interdisent à la foule l'entrée
de la salle; motion de Mounier, demandant au roi d'éloigner
les troupes. Le carrosse de l'archevêque de Paris lapidé.
25. J. La minorité de la noblesse (47 députés,
dont le duc d'Orléans) se joint à l' Assemblée,
sous ses acclamations: joie à Paris, on tire des fusées
dans le jardin du Palais-Royal, on y régale les gardes- françaises.
Une députation calme le peuple qui veut forcer l'entrée
de la salle. Baudouin agréé imprimeur de l' Assemblée.
26. V. Les évêques d'Orange et d'Autun (Talleyrand),
trois curés, puis l'archevêque de Paris rejoignent
encore l' Assemblée. Ordre donné à six régiments
de se rassembler sous Versailles.
27. S. Lettre du roi au clergé et à la noblesse leur
demandant de se réunir au Tiers. Les nobles font leur entrée
à 5 h. du soir, dans un silence général. Allégresse
populaire, « Vive le roi, vive Necker , vive M. de Montmorin!
» Un grand nombre de députés et la foule vont
sous les fenêtres du roi, qui se présente au balcon
avec la reine; scène d'attendrissement. llluminations à
Versailles pendant trois nuits, et au Palais-Royal.
30. Ma. A I' Assemblée, nombreuses protestations de députés
nobles contre tout ce qui s'est fait sans leur concours. Les adresses
de félicitations commencent à arriver des provinces.
A Paris, le peuple force la prison de l' Abbaye Saint-Germain et
délivre des gardes- françaises détenus pour
indiscipline.
Publications. Journaux: début du Journal des États
Généraux de Le Hodey (8 juin), du Point du jour de
Barère (19 juin), e~ de plusieurs journaux à la fin
du mois. Brissot, Mémoire aux Etats Généraux
sur la nécessité de rendre dès ce moment la
presse libre, et surtout pour les journaux politiques; Saint-Just,
Organt; M.- J. Chénier, De la liberté du théâtre
en France ( daté du 15 juin) .
Juillet
I. Me. De nouveaux régiments prennent position autour de
Paris, sous les ordres du maréchal de Broglie. Vingt jeunes
gens de Paris viennent demander à l'Assemblée la grâce
des gardes-françaises ; députation de l'Assemblée
au roi pour implorer sa clémence.
2. J. Lecture à l'Assemblée de la lettre de grâce
du roi: « Vive le roi » !
3. V. Le duc d'Orléans, élu, refuse la présidence
de l'Assemblée ; l'archevêque de Vienne, Lefranc de
Pompignan, le remplace. Arrêté de 1'« ordre de
la noblesse », qui se réunit encore à part,
pour demander la conservation des droits constitutionnels de la
monarchie.
4. S. L'Assemblée, après de longs débats, décide
que Saint-Domingue aura 6 députés.
8. Me. L'adresse de Mirabeau sur l'éloignement des troupes
est applaudie avec transport, et acceptée à la quasi
unanimité, sauf l'article sur l'établissement d'une
garde bourgeoise à Paris.
9. J. Mémoire de Mounier sur les travaux dont l'Assemblée
devra s'occuper, et leur répartition entre trente bureaux
qui élaboreront la constitution.
10. V. Le roi reçoit la députation lui portant l'adresse
de Mirabeau ; il déclare ne vouloir que le maintien de l'ordre,
et propose à l'Assemblée son transfert à Noyon
ou à Soissons. La Fayette lit son projet de déclaration
des droits.
11. S. Renvoi et départ secret de Necker; nouveau ministère
dirigé par Breteuil. Mort du marquis de Mirabeau, «
l'ami des hommes ».
12. D. La nouvelle du renvoi de Necker connue à Paris en
fin de matinée; on prend la cocarde verte au Palais-Royal
; fermeture de la Bourse et de tous les spectacles; les bustes de
Necker et du duc d'Orléans promenés dans les rues.
Les troupes sont cantonnées au Champ-de-Mars sous les ordres
de Bezenval ; à 17 h. , Lambesc et le Royal-Allemand chargent
la foule aux Tuileries. A 22 h., les régiments suisses interviennent
près des Champs-Élysées, puis battent en retraite
sous le feu des gardes-françaises.
13. L. Dans la nuit, incendie des barrières. A 6 h. , pillage
de la maison de Saint-Lazare ; à 8 h. , réunion à
l'Hôtel-de- Ville de l'assemblée des électeurs
de Paris, qui forment un « comité permanent »
et une « milice bourgeoise » ; ils convoquent les assemblées
de districts; on prend la cocarde bleue et rouge. Pillage des armes
du Garde-Meuble.
Sur des motions de Mounier et de La Fayette, lettre de l'Assemblée
au roi, demandant l'éloignement des troupes, l'établissement
de gardes bourgeoises, le rappel des ministres renvoyés,
et déclarant la responsabilité des ministres actuels.
Averses considérables et coups de vents violents une grande
partie de la journée; tonnerre sur les 9 h. et demie du soir.
14. Ma. Vent d'ouest fort; ciel couvert une grande partie de la
journée. A 10 h., enlèvement des armes aux Invalides;
10 h. 30, première députation des électeurs
de Paris à la Bastille; attaquée à 15 h. 30,
la Bastille tombe à 17 h. Mise à mort du gouverneur
de Launay, puis du prévôt des marchands Flesselles.
Bezenval se replie vers Saint-Cloud. Députation sans succès
de l'Assemblée au roi. Nomination des membres du comité
de constitution.
15. Me. Le roi se rend à l'Assemblée à midi,
lui déclare sa confiance et annonce l'éloignement
des troupes; il est raccompagné au château, dans l'enthousiasme
général. Au début de l'après-midi, députation
de 60 députés à I'Hôtel-de-Ville de Paris,
pour annoncer la démarche du roi; Bailly proclamé
maire et La Fayette commandant de la milice; le soir, Te Deum d'action
de grâce à Notre- Dame.
16. J. Heurt à l'Assemblée entre Mirabeau et Mounier,
à propos d'un projet d'adresse du premier pour demander au
roi le renvoi des ministres; le roi fait annoncer le rappel de Necker,
et son intention d'aller à Paris. Déclaration de la
noblesse et du clergé, qui renoncent aux mandats impératifs
et au vote par ordre. L'assemblée des électeurs décide
la démolition de la Bastille. Formation de comités
permanents et de milices dans de nombreuses villes de province.
17. V. Le matin, départ du comte d'Artois, du prince de Condé,
de Breteuil... avec l'armée. Le roi traverse Paris armé,
aux seuls cris de « Vive la Nation » ; reçu à
l'Hôtel-de-Ville par Bailly et La Fayette, il,paraît
au balcon, portant la cocarde tricolore. « Vive le Roi »
-Emeute à Saint-Germain-en-Laye, le meunier Sauvage, accusé
d'accaparement, décapité.
18. S. Émeute à Poissy, le fermier Thomassin sauvé
de justesse par une députation de l'Assemblée. Le
duc de Liancourt président de l'Assemblée.
19. D. Au château de Quincey, près de Vesoul, lors
d'une fête, explosion accidentelle que l'on attribue à
une ruse diabolique du propriétaire; énorme retentissement;
révolte dans toute la Franche- Comté; début
de la « grande peur », et extension de la « révolution
municipale ».
20. L. A l'Assemblée, motion de Lally-Tolendal proposant
une proclamation pour appeler le peuple à l'ordre et au respect
des lois; vive opposition de Buzot, Mirabeau, Robespierre.
21. Ma. Graves émeutes à Strasbourg, et à Lille:
le commandant lapidé, maisons saccagées. Reprise des
spectacles à Paris, représenta- tion de la Partie
de chasse d' Henri IV.
22. Me. Foulon et Bertier de Sauvigny pendus en place de Grève.
Arrestation de Bezenval près de Paris.
23. J. La proclamation proposée par Lally-Tolendal le 20
est enfin adoptée, avec des amendements. Des députés
des électeurs de la Commune demandent à l'Assemblée
la création d'un tribunal pour les crimes de lèse-nation.
La Fayette veut donner sa démission de commandant de la milice;
les districts le conjurent de rester.
24. V. Arrêt de l'assemblée générale
des électeurs de la Commune : toute publication doit porter
le nom de l'auteur ou de l'imprimeur , les colporteurs d'écrits
non signés seront emprisonnés. Beaumarchais donne
12 000 livres pour les pauvres du faubourg Saint-Antoine.
25. S. Première réunion de l'Assemblée des
représentants de la Commune de Paris, élue le 24 (120
membres, 2 par district).
26. D. Début de la révolte paysanne dans le Mâconnais.
Maury arrêté à Péronne.
27. L. Clermont- Tonnerre présente, au nom du comité
de constitution, les voeux des cahiers. L’Assemblée
demande la libération de Maury.
29. Me. Retour de Necker: il entre dans l'Assemblée à
14 h. , au milieu de transports d'enthousiasme et de sensibilité.
L'Assemblée décide que tous .!es votes se feront à
la majorité simple. Arrêté du Comité
provisoire de l'Hôtel-de-Ville soumettant la vente des estampes
à l'approbation d'un membre de l'Académie de peinture
et de sculpture.
30. J. Necker reçu à l'Hôtel-de-Ville de Paris
par l'Assemblée des électeurs et par l' Assemblée
des 120 représentants; dans l'enthousiasme, il obtient la
libération de Bezenval et un arrêté d'amnistie
générale. Réactions très vives de districts,
surtout celui de l'Oratoire, effervescence dans Paris; l'assemblée
des électeurs doit rapporter son arrêté. Les
représentants décident de placer le buste de Necker
à l'Hôtel-de-Ville.
31. V. L'Assemblée approuve l'arrêté définitif
des électeurs revenant sur l'amnistie; Robespierre demande
la punition des crimes comme un « droit de la nation ».
Publications. Journaux: début du Courrier de Gorsas (5 juillet),
des Révolutions de Paris (18 juillet), du Patriote français
de Brissot (28 juillet). La France libre de Desmoulins à
la fin du mois (une 3e édition paraît à la mi-août).
Août
1. S. Discussion à l'Assemblée : la déclaration
des droits précèdera-t-elle la constitution ? Une
députation des électeurs signale l'extrême fermentation
de Paris et demande l'institution rapide d'un tribunal pour juger
des crimes contre la nation. Grave émeute à Lyon;
la milice bourgeoise de cette ville fait une expédition «
pleine de succès » contre les « brigands »
des environs.
2. D. Arrêté du Comité de police de la Commune
rendant obligatoire l'autorisation des imprimés pour la circulation
par la poste.
3. L. Le Chapelier président de l' Assemblée; débats
sur la situation alarmante des provinces. A Saint-Denis, le lieutenant
de mairie, Châtel, tué par le peuple qui exige le pain
à 2 sols la livre; la garde bourgeoise empêche que
sa tête soit portée à Paris. Troubles à
Rouen; l'acteur Bordier, du théâtre des Variétés,
parmi les meneurs. Règlement du Comité permanent de
l'Hôtel-de- Ville enjoignant aux imprimeurs le dépôt
au Comité et à la Chambre syndicale de la librairie
d'un exemplaire de chaque ouvrage, signé de l'auteur et du
libraire. Dans la nuit, le club breton décide les initiatives
de la séance du lendemain.
4. Ma. En dépit de l'opposition de Malouet, l' Assemblée
décide de placer la déclaration des droits en tête
de la constitution. Une lettre du roi annonce la composition du
nouveau ministère ; applaudissements.
Séance nocturne: à l'initiative de Noailles, puis
du duc d'Aiguillon, l' Assemblée décide, dans une
surenchère de « sacrifices » et de « générosités
»,la suppression des privilèges, du « régime
féodal » pour tout ce qui touche aux personnes, le
rachat des droits féodaux sur les propriétés,
et proclame Louis XVI « restaurateur de la liberté
française ».
5. Me. L'Assemblée commence la discussion des décrets
consécutifs à la nuit du 4. A Saint-Jacques-du-Haut-Pas,
service funèbre pour les citoyens tués lors de Ia
prise de la Bastille, premier Discours sur la liberté française
de l'abbé Fauchet. Nombreux services funèbres, Te
Deum, bénédictions de drapeaux, processions à
Sainte-Geneviève en août et septembre.
6. J. Séance tumultueuse à l'Assemblée ; vive
résistance du clergé à la suppression des dîmes.
Fermentation à propos d'un bateau de poudre arrêté
à Paris: le marquis de La Salle échappe de peu à
la foule ameutée. Les chasseurs envahissent les campagnes
autour de Paris; les paysans sonnent le tocsin contre eux.
7. V. Le garde des sceaux expose à l'Assemblée les
« malheurs publics » et Necker demande un emprunt de
30 millions. Arrêté de la Commune pour faire cesser
les attroupements séditieux.
8. S. Dans la discussion sur l'emprunt, le marquis de Lacoste demande
que les biens ecclésiastiques soient déclarés
propriété de la nation. et que le clergé soit
pensionné. D'Eprémesnil reparaît à l'Assemblée.
On trouve dans les rues de Paris des mèches souffrées
; anxiété persistante du « complot ».
Le peuple de Versailles libère un parricide au moment où
il allait être rompu. L'Assemblée de la Commune occupée
toute la nuit par la révélation d'un prétendu
retour du prince de Conti.
9. D. L'Assemblée décrète l'emprunt de 30 millions
à 4,5 % (2,6 millions seulement seront souscrits au 27 août).
Retour de Maury.
10. L. Dans la discussion sur la dîme, Mirabeau parle de «
salarier » le clergé: « Je ne connais que trois
manières d'exister dans la société, il faut
y être mendiant, voleur ou salarié ». Sieyès
s'oppose à la suppression des dîmes. Décret
invitant les municipalités à maintenir l'ordre, et
imposant aux troupes le serment d'obéissance « à
la nation, au roi et à la loi ». Les dames du marché
Saint- Martin présentent le bouquet à Sainte-Geneviève,
puis, à l'Hôtel-de-Ville, à La Fayette.
11. Ma. Les membres du clergé se précipitent en foule
au bureau de
l'Assemblée pour déclarer leur renonciation aux dîmes:
applaudissements, moment d'enthousiasme. Suppression de la vénalité
des offices de judicature; rédaction définitive des
décrets du 4 août.
12. Me. Target propose le texte de l'adresse au roi pour accompagner
les décrets; lorsqu'il est question de les porter «
aux pieds » de Sa Majesté, on crie: « Point de
pieds » ! Motion du duc de Liancourt pour accorder un traitement
aux députés; les bureaux le fixent ensuite à
18 livres par jour. Emeute à Caen; le major Belzunce mis
à mort par le peuple.
13. J. L'Assemblée se porte en corps chez le roi pour lui
porter les décrets du 4 août; Te Deum dans la chapelle
du château. Les enfants du « prince citoyen »
(le duc d'Orléans) visitent les ruines de la Bastille en
compagnie de Mme de Genlis. Marat arrêté pour propos
peu décents contre l'administration, à la suite d'un
refus de permission pour le journal qu'il veut publier. Dans les
districts, début des élections des officiers de la
milice.
14, V. Déclaration du roi pour l'exécution du décret
du 10, et lettre aux officiers et soldats pour le rétablissement
de la discipline.
15, S, Assomption. Procession du v~u de Louis XIII autour du château
de Versailles, députation de l'Assemblée.
17. L. Clermont-Tonnerre président de l'Assemblée.
Début de la discussion sur la déclaration des droits;
Mirabeau lit son projet, et Bergasse son projet d'organisation du
pouvoir judiciaire. Arrêtés de la Commune ordonnant
la dispersion des ouvriers des ateliers de Montmartre, et contre
1es patrouilles d'enfants. Troubles graves à Besançon,
une partie des troupes se soulève, pillages.
18. Ma. Révolution à Liège; le prince-évêque
contraint d'accepter la limitation de ses pouvoirs -A Paris~ réunion
de 3 000 garçons tailleurs en face du Louvre, pour demander
40 sous par jour, et de garçons perruquiers aux Champs-Elysées.
Mirabeau propose à l'Assemblée que la déclaration
des droits soit renvoyée à la fin de la constitution;
on lui reproche d'abuser du talent de l'éloquence.
19. Me. L'Assemblée décide de discuter le projet de
déclaration du 6e bureau; Lally-Tollendal présente
son projet de partage des pouvoirs entre deux chambres. Au Théâtre
Français, lors d'une représentation d'Ericie ou la
vestale, de Dubois-Fontanelle, le public demande Charles IX de M.-J.
Chénier: « Point de permission » ! Troubles graves
à Marseille jusqu'au 21 ;la garde citoyenne assaillie et
dispersée. la maison d'un échevin saccagée.
20. J. Préambule et premiers articles de la Déclaration
des droits. Fondation à l'Hôtel de Massiac de la «
société correspondante des colons français
». Disette de plus en plus sensible à Paris.
21. V. L'acteur Bordier pendu à Rouen. L'affaire de Mariembourg
(4 citoyens emprisonnés arbitrairement) portée à
l'Assemblée.
23. D. Discussion de l'article de la Déclaration sur la liberté
des opinions religieuses, discours de Rabaud Saint-Étienne
; une rédaction restrictive l'emporte malgré les efforts
de Mirabeau; séance tumultueuse, le président offre
sa démission, qui est refusée.
24. L. Vote de l'article sur la liberté de la presse. Réhabilitation
de Boncerf, dont les Inconvénients des droits féodaux
ont été condamnés par le Parlement de Paris
en 1776.
25. Ma. Saint-Louis ; 48 députés présentent
le bouquet au roi. Ouverture du Salon de peinture au Louvre. Rixes
à la porte des boulangers de Paris.
26. Me. Achèvement de la Déclaration des droits. L'Assemblée
municipale adopte le projet de règlement de la Garde nationale
de Paris. Messe en musique à Saint-Sulpice, Te Deum, pain
bénit, bénédiction des drapeaux.
27. J. Dans un mémoire lu à l'Assemblée, Necker
demande un second emprunt de 80 millions à 5 %. Attroupement
de domestiques au Palais-Royal, pour demander le renvoi des domestiques
étrangers. Mort du banquier Pinet. Décret de la Chambre
impériale de Wetzlar, condamnant la révolution de
Liège.
28. V. Ouverture des débats sur la constitution; Mounier
lit son plan de constitution.
29. S. Séance tumultueuse sur le veto. Décret sur
la libre circulation des grains, sauf à l'exportation. Les
ouvriers de Montmartre renvoyés dans leurs provinces, avec
de grandes précautions de sécurité.
30. D. Vive agitation au Palais-Royal ; motion contre le «
parti » qui veut imposer le veto absolu; lettres au président
de l'Assemblée et à ses députés: «
Changez ou sauvez-vous ». Le soir Saint-Huruge tente d'entrainer
les Parisiens à Versailles; ils sont arrêtés
par la garde nationale.
31. L. La Luzerne, évêque de Langres, président
de l'Assemblée ; émotion soulevée par la motion
et les lettres des « factieux » du Palais-Royal ; le
député Goupilier s'écrie: « Catilina
est à nos portes, et nous disons qu'il n'y a pas lieu de
délibérer ». Les motionnaires du Palais-Royal
députent à l'Hôtel-de- Ville pour demander une
assemblée générale des districts. Deuxième
discours de Fauchet sur la liberté française devant
les districts réunis du faubourg Saint-Antoine.
Publications. Journaux: début de Versailles et Paris de Perlet
(ler août), de la Chronique de Paris (24 août), du Journal
des débats et des décrets (29 août). Fauchet,
De la religion nationale; Peltier , Sauvez-nous ou sauvez-vous ;
Mounier, Considérations sur les gouvernements, et en particulier
sur celui qui convient à la France (à la fin du mois).
Septembre
1. Ma. Le discours de Mirabeau en faveur du veto absolu fait sensation.
Arrêté de la Commune contre les attroupements; nombreuses
patrouilles au Palais-Royal, le café de Foy fermé;
autre arrêté interdisant aux colporteurs de crier aucun
écrit autre que les décrets de l'Assemblée
et les actes officiels.
2. Me. Discours de Barnave et de Target en faveur du veto suspensif.
Arrestation de Saint-Huruge au Palais-Royal ; patrouilles, saisies
de brochures et de journaux.
3. J. Première représentation à l' Ambigu-Comique
de La Fête du grenadier, « pantomime nationale et militaire
» (le grenadier à qui on doit la prise de la Bastille).
4. V. Discours de Mounier sur les deux chambres et le veto absolu.
7. L. Onze femmes et filles d'artistes, « nouvelles Romaines
», vêtues de blanc, viennent à l'Assemblée
faire l'offrande de leurs bijoux : début du grand mouvement
des « dons patriotiques».
8. Ma. Jour de la Vierge; pas de séance. 9. Me. Séance
très mouvementée sur la permanence de la représentation
nationale, qui est décrétée, et les deux chambres;
Virieu apostrophe les « démagogues » de l'Assemblée
; le président démissionne et quitte la salle, Clermont-
Tonnerre le supplée. Le maire de Troyes, Huez, accusé
d'avoir empoisonné les farines, mis à mort, son cadavre
traîné dans les rues.
10. J. L ' Assemblée décide que le corps législatif
ne sera composé que d'une chambre; elle discute une adresse
de la ville de Rennes qui déclare traîtres à
la patrie ceux qui acceptent le veto. Création d'un comité
pour la réforme de la jurisprudence criminelle.
11. V. L' Assemblée refuse d'entendre la délibération
du Conseil du roi sur le veto ,. à l'issue d'une séance
tumultueuse, elle se prononce pour le veto suspensif. Elle décide
d'ouvrir un registre des dons patriotiques.
12. S. La législature sera de 4 ans. Démission du
comité de constitution (Mounier, Lally, Clermont- Tonnerre,
Bergasse, Talleyrand, Sieyès). Emeute à Orléans,
jusqu'au 14, réprimée par la garde nationale, nombreux
tués.
13. D. Révolte de la faim à Versailles; la foule veut
pendre un boulanger et dévaste sa maison.
14. L. Clermont- Tonnerre président de l'Assemblée
; après une séance houleuse, elle décide que
le président demandera immédiatement au roi la sanction
des arrêtés des 4-11 août. Le faubourg Saint-
Antoine va en procession à Sainte-Geneviève, portant
un modèle de la Bastille en carton haut de 4 pieds.
15. Ma. L'Assemblée décrète la personne du
roi inviolable et sacrée ; discussion sur la succession de
la couronne. Disette à Paris, boulangeries assiégées.
Beaumarchais, qui, le 14, s'est justifié devant la Commune
des inculpations portées contre lui, reprend sa place parmi
les représentants.
17. J. Insurrection des nègres à la Martinique. D'Estaing,
commandant de la garde citoyenne de Versailles, engage la municipalité
à requérir un régiment pour le maintien de
l'ordre.
18. V. La lettre du roi, contenant ses observations critiques sur
les décrets du 4 août, provoque le mécontentement
de l' Assemblée ; motion de Le Chapelier, soutenu par Mirabeau,
pour redemander
la promulgation immédiate. Motion de Volney, demandant l'élection
d'une nouvelle assemblée, «véritablement nationale
». A 17 h. , le libraire du Journal de la Ville est assiégé
par des garçons boulangers reprochant à l'auteur,
Luchet, d'avoir publié que le pain contenait de la chaux.
19. S. Les districts de Paris élisent la nouvelle assemblée
générale des représentants de la Commune, de
300 membres. La motion de Volney, à laquelle s'oppose Mirabeau,
est renvoyée. Le président de l'Assemblée redemande
au roi la promulgation des arrêtés du 4 août.
21. L. Le roi accepte la publication, non la promulgation; la durée
du veto suspensif sera de deux législatures.
22. Ma. Vote de l'article I de la Constitution: « Le gouvernement
français est monarchique. Il n'y a point en France d'autorité
supérieure à la loi; le roi ne règne que par
elle. ..» ; l'Assemblée supplie le roi de ne pas envoyer
sa vaisselle à la monnaie. Les districts de la Trinité,
des Petits-Pères et des Cordeliers députent à
la Commune pour demander l'éloignement des troupes. Première
de Raymond V, Comte de Toulouse, comédie héroïque
de Sedaine, écrite en 1777 pour Catherine Il.
23. Me. Décrets sur le pouvoir législatif et le pouvoir
exécutif ; suspension de la collation des bénéfices
ecclésiastiques. Arrivée du régiment de Flandre
à Versailles. Décret menaçant de la Chambre
impériale de Wetzlar contre la ville de Liège.
24. J. Necker présente à l'Assemblée un tableau
déplorable de la situation des finances et du crédit,
et demande une contribution du quart du revenu.
25. V. L'Assemblée débat sur la dédicace de
l'édition des OEuvres de Voltaire par Palissot, et décide
de ne recevoir aucune dédicace. Décret annonçant
la suppression de la gabelle et fixant le prix du sel à 6
sols la livre. Le n° 15 de l'Ami du peuple dénoncé
à l'Assemblée de la Commune, pour fausses inculpations
contre son administration .
26. S. L'Assemblée consent au plan de Necker, et vote la
contribution volontaire du quart du revenu, après un discours
éclatant de Mirabeau. L'archevêque de Paris propose
au nom du clergé le sacrifice de l'argenterie des églises
qui n'est pas nécessaire à la décence du culte
public. Don patriotique des Comédiens français. Départ
de Paris de Th. Jefferson, ambassadeur des États-Unis (nommé
à un poste de secrétaire d'État).
27. D. Bénédiction générale des drapeaux
de la Garde nationale parisienne à Notre-Dame, Te Deum solennel;
troisième discours de Fauchet sur la liberté française.
28. L. Mounier président de l'Assemblée. Décision
de faire imprimer la liste des pensions; les juifs d'Alsace mis
sous la protection de la loi; les religieux de Saint-Martin-des-Champs
de Paris font à la patrie l'offrande des biens de leur ordre
(de Cluny). L'Ami du peuple dénoncé de nouveau à
la Commune; Marat comparaît.
29. Ma. Mirabeau suggère que les ministres soient pris dans
l' Assemblée ; décrets sur la responsabilité
des ministres et la fonte de l'argenterie des églises. Rapport
de Thouret sur la division territoriale et administrative du royaume.
Formation du Conseil des 60 à la Commune. A la suite du refus
du curé, le peuple exige l'enterrement de Perrot, compagnon
charpentier, à Saint-Jacques-de-La-Boucherie, en grand convoi,
et son inhumation dans l'église dans un caveau de riche.
30. Me. L'Assemblée de la Commune décide que la circulation
des imprimés ne fera plus l'objet d'aucune permission.
Publications. Journal: début du Publiciste parisien de Marat,
12 sept. , devenu l'Ami du peuple le 16 sept. Beaumarchais, Requête
à MM. les Représentants de la Commune de Paris ,.
Peltier, La Trompette du jugement; M.-J. Chénier, Dénonciation
des inquisiteurs de la pensée (7 sept.) ; La Ba~tille dévoilée
(en livraisons, la se fin décembre) ; La Galerie des Etats
Généraux, attribuée à Rivarol, Luchet,
etc.; Condorcet, Sur la nécessité de faire ratifier
la constitution par les citoyens, et sur la formation des communautés
de campagne ,. Bernardin de Saint-Pierre, Voeux d'un solitaire,
pour servir de suite aux Etudes de la nature; Peltier, Le Coup d'équinoxe
(22 sept.) ; Desmoulins, Discours de la lanterne aux Parisiens (2e
éd. fin oct.).
Octobre
I. J. Banquet des gardes du corps à Versailles. Article de
la constitution sur le consentement des représentants de
la nation à l'impôt et à l'emprunt. Une députation
des syndics offre à l'Assemblée le don patriotique
de la communauté des libraires de Paris. Necker présente
la rédaction de son plan de finances et offre une contribution
personnelle de 100 000 livres.
2. V. L'Assemblée demande au roi l'acceptation des décrets
du 4 août et la Déclaration des droits.
3. S. Adoption du texte de l'adresse de Mirabeau aux commettants
sur la contribution; décret autorisant le prêt à
intérêt, au taux fixé par la loi.
4. D. Arrêté du district des Cordeliers, signé
Danton, dénonçant 1'« orgie », interdisant
de porter la cocarde noire et enjoignant à La Fayette d'aller
à Versailles demander le départ du régiment
de Flandre.
5. L. Temps couvert toute la journée; averse à S h.
du soir; pluie continuelle toute la soirée. Vive discussion
à l' Assemblée sur le refus du roi de promulguer les
arrêtés du 4 août et la déclaration ;
Pétion dénonce le banquet des gardes du corps. Les
femmes de Paris envahissent l'Hôtel-de-Ville, y prennent les
armes, et marchent sur Versailles; elles entrent dans l'Assemblée
à 5 h., y demandent du pain; le roi revient précipitamment
de la chasse et reçoit leur députation. La Fayette
arrive à II h. à la tête de la Garde nationale
parisienne.
6. Ma. Grande pluie une partie de la nuit; averses dans la matinée.
A 1 h. du matin, les députés sont invités à
retourner à l'Assemblée au son du tambour. Dans la
nuit, le roi accepte « purement et simplement » les
décrets du 4 août et la Déclaration. A 6 h.,
violents incidents devant le château, qui est envahi par le
peuple; les gardes du corps poursuivis et tués dans les appartements
et le parc. Après l'intervention de la Garde nationale, le
roi annonce au balcon sa résolution d'aller à Paris.
L'Assemblée se déclare inséparable du roi.
Le soir, le roi et la famille royale sont reçus à
l'Hôtel-de-Ville, et s'installent aux Tuileries. Arrestation
des « enrôleurs » de la rue Mazarine, Mlle de
Bissy, Livron et l'abbé Douglas.
7. Me. Foule aux Tuileries pour voir le roi et la reine, qui sont
acclamés. La « procession du Recteur » de l'Université
de Paris annulée, « yu les circonstances ». Lally-Tollendal
quitte Paris pour la Suisse. Emeute à Liège (jusqu'au
9).
8. J. Mounier se fait suppléer à la présidence.
Décret sur la réforme de la législation criminell~.
En exécution d'un mandat du Châtelet, la garde nationale
investit la maison de Marat, qui s'échappe et se cache.
9. V. Proclamation du roi pour rassurer les provinces sur son installation
à Paris. L'Assemblée décide de n'accorder des
passeports aux députés qui désirent la quitter
(plus de 200 demandes) que sur l'exposé des motifs fait devant
elle. Prise de Belgrade par l'armée autrichienne.
10. S. Malouet demande à l'Assemblée la proscription
des journaux et libelles qui diffament ses membres; Mirabeau dénonce
les propos du ministre Saint-Priest aux femmes qui lui demandaient
du pain ; Custine demande une loi martiale. La proposition de Talleyrand
de déclarer les biens du clergé propriété
de la nation reçue avec des applaudissements inouïs.
Brissot lit à l'Assemblée l'adresse de la Commune
promettant la liberté de ses débats et la sûreté
de ses membres. L'assemblée de la Commune vote une adresse
aux provinces. Des maisons de Paris sont « marquées
» à la craie, d'un numéro ou d'une croix: vives
inquiétudes. Mounier et la princesse d'Hénin quittent
Paris pour le Dauphiné.
11. D. La commission intermédiaire du Dauphiné convoque
les États de la province pour le 2 nov. à Romans.
Les Dames de la Halle font chanter un Te Deum dans l'église
des Petits-Pères, les enfants du duc d'Orléans y assistent.
12. L. Fréteau président; l' Assemblée arrête
la formule de promulgation des lois: Louis XVI, « par la grâce
de Dieu et la loi constitutionnelle de l'Etat, roi des Français
». Requête de Marat à l'Assemblée, où
il se plaint de la violation de son domicile. Première représentation
du Souper d'Henri IV, ou le laboureur devenu gentilhomme, de Boutillier
et Desprez de Valmont, applaudissements à tous les passages
qui s'appliquent à Louis XVI.
13. Ma. Début de la discussion sur les biens du clergé;
discours de Maury, Camus, Barnave. Troubles à Alençon,
arrestation du vicomte de Caraman.
14. Me. L'Assemblée accorde au duc d'Orléans un passeport
pour l' Angleterre. Commencement des débats sur la division
du royaume en départements. Mirabeau lit un projet de loi
martiale. Les crimes de lèse-nation déférés
provisoirement au Châtelet.
15. J. Dernière séance à Versailles. Devant
la multiplication des demandes de passeports, l'Assemblée
décrète qu'ils ne seront délivrés que
pour des causes urgentes et pour un temps déterminé
; dénonciation du mandement de l'évêque de Tréguier;
abolition des distinctions de place et de costume des députés.
16. V. Arrivée de Mounier à Grenoble. Protestation
de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse
contre les décrets de l'Assemblée.
17. S. Linguet retenu prisonnier dans sa chambre, à Bruxelles,
sur l'ordre de l'Empereur.
18. D. Le roi passe en revue la Garde nationale sur les Champs-Élysées.
19. L. Première séance de l'Assemblée à
Paris, à l'Archevêché. Le duc d'Orléans
ayant été arrêté à Boulogne, elle
envoie l'ordre de le laisser partir pour l'Angleterre. Nouvelle
disette à Paris.
20 Ma. Discussion sur les conditions d'éligibilité
dans les assemblées primaires (citoyens actifs et passifs).
L'Assemblée mande le garde des sceaux pour s'expliquer sur
les retards d'exécution de ses décrets dans les provinces.
21. Me. Meurtre du boulanger François; on porte sa tête
dans Paris.
Vote de la loi martiale; Robespierre s'y oppose et demande un «
tribunal vraiment national » formé de députés
pour découvrir la « conspiration ». Le bruit
se répand que Mirabeau sera bientôt ministre. L'Assemblée
de la Commune décide de former un comité de recherche,
dont Brissot fait partie.
22. J. Une députation de « citoyens libres et de couleur
des colonies » vient réclamer à l' Assemblée
l'égalité des droits politiques. Débats sur
le mandement de l'évêque de Tréguier, et sur
les conditions d'éligibilité (contribution directe
de trois journées de travail). L'assassin de François,
fort du Port-au-Bled, condamné à être pendu.
23. V. Le « vieillard du Mont-Jura ». Jean Jacob. né
le 10 nov. 1669, est introduit dans I’Assemblée, qui
se lève et applaudit. Discours de Thouret sur les biens du
clergé. Protestation de membres du district de Saint-Martin-des-Champs
contre la loi martiale.
24. S. Manifeste des insurgés belges déclarant Joseph
Il déchu de la souveraineté des Pays-Bas.
25. D. Arrestation d’Augeard. convaincu d'avoir comploté
la fuite de la famille royale, et du libraire Le Tellier, pour l'impression
du pamphlet Domine salvum fac Regem.
26. L. Décret prononçant la sur séance de toute
convocation d'États provinciaux (en riposte à celle
des États du Dauphiné).
27. Ma. Décret excluant de l'éligibilité les
serviteurs à gages, les faillis et les banqueroutiers. Les
représentants de la Commune dénoncent officiellement
le prince de Lambesc et autres accusés du crime de lèse-nation.
Le district de Saint-Martin-des-Champs révoque la protestation
de ses membres, et agrée la loi martiale.
28. Me. Camus président. Mirabeau propose la cérémonie
d'inscription des jeunes gens sur le registre des citoyens, avec
prestation de serment. Sur la réclamation d'une religieuse
d'un couvent de Paris, l'Assemblée suspend provisoirement
l'émission des voeux monastiques. Planterre, chargé
de l'approvisionnement de Paris à Vernon, assailli par le
peuple, échappe de peu à la pendaison ; l' Assemblée
décide l'envoi de troupes.
29. J. A l'issue d'une séance tumultueuse, et malgré
l'opposition de Pétion, Mirabeau, Grégoire. .., l'
Assemblée adopte le décret du « marc d'argent
». Dans la nuit, « prise des Annonciades » : la
Garde nationale investit le couvent des « Filles-Bleues »
à Paris et le fouille, sur le bruit que l'ancien garde des
sceaux Barentin s'y cachait.
30. V. Discours de Mirabeau, Maury, Thouret sur les biens ecclésiastiques.
31. S. Le soir, dans une église de Douai, Mlle Mellé
découvre par hasard des conspirateurs et les fait fuir.
Publications. Journaux: débuts de la Gazette de Paris, de
Du Rozoi (1er oct.), des Annales patriotiques et littéraires
de Mercier et Carra (3 oct. ). Condorcet, Sur la forme des élections;
Laya, Voltaire aux Français sur leur constitution; Suleau,
Fidelissimae Picardorum genti , Carra, L'Orateur des États
Généraux (2e partie) ; Bérenger , Esprit de
Mably et de Condillac relativement à la morale et à
la politique; Mémoires historiques et authentiques sur la
Bastille, p.p. Carra (t. Il début déc. ) ; d'Antraigues,
Discours d'un membre de l'Assemblée Nationale à ses
co-députés (vers le 10 oct.) ; Cailhava, Les causes
de la décadence du théâtre, et les moyens de
le faire refleurir; à la mi-octobre, « déluge
de pamphlets » sur le départ du duc d'Orléans;
Peltier, Domine salvum fac Regem (vers le 20 oct. ) ;
Lettre du Comte de Lally-Tolendal à ses commettants (datée
de Neuchâtel, 17 oct.) ; Guffroy, Le Tocsin sur la permanence
de la Garde nationale,. Encyclopédie méthodique, 34e
livraison; Second supplément à la collection des OEuvres
de J.-J. Rousseau, citoyen de Genève, contenant la suite
de ses Confessions, chez Maradan à Paris et chez Barde, Mauget
et Cie à Genève (une contrefaçon chez Le Jay
et Poinçot fils avec une clé, en nov. ; Maradan publie
en déc. la liste authentique des noms propres; vive sensation
et controverse sur la fidélité au manuscrit).
Novembre
1. D. Peltier arrêté au Théâtre de Monsieur,
et conduit au comité de recherche.
2. L. Jour des morts. Décret mettant les biens ecclésiastiques
à la disposition de la nation; foule sur le parvis de Notre-Dame
; les membres du clergé hués à la sortie de
l'Archevêché. Bientôt circule un « Billet
d'enterrement du clergé ».
3. Ma. Sur proposition d'A. de Lameth, décret suspendant
la rentrée des Parlements; Thouret propose son plan de division
de la France en départements: Mirabeau y oppose le sien.
Rivarol, de retour des Pays-Bas, arreté le soir et conduit
a l'Abbaye, où il ne reste
que quelques heures.
4. Me. L'évêque de Clermont dénonce à
l'Assemblée le Catéchisme du genre humain. Première
représentation de Charles IX de Marie- Joseph Chénier
au Théâtre Français, grande affluence. La Société
de la Révolution de 1688, sous la présidence de Lord
Stanhope, et sur proposition du Dr Price, félicite l'Assemblée
Nationale pour la révolution qui s'effectue en France (cet
arrêté y sera lu le 28 nov.).
5. J. Décret sur l'élection des suppléants:
« Il n'y a plus en France aucune distinction d'ordres ».
Protestation de Mirabeau contre l'usage de la procédure prévôtale
à Marseille. Troubles à Bastia, heurts entre la troupe
et les citoyens, constitution d'une milice.
6. V. Mirabeau demande l'admission des ministres à l'Assemblée
avec voix consultative. La chambre des vacations du Parlement de
Rouen proteste contre le décret du 3 nov. , et déplore
la situation malheureuse du roi et du royaume.
7. S. Échec de Mirabeau à l'Assemblée : décret
excluant les députés du ministère. Sur proposition
de Talleyrand, les biens ecclésiastiques sont placés
sous la sauvegarde des autorités locales.
9. L. Première séance dans la salle du,Manège
des Tuileries. Protestation du « bureau renforcé »
des Etats du Cambrésis contre les décrets de l'Assemblée.
10. Ma. L'Assemblée condamne l'arrêté du Parlement
de Rouen et demande le remplacement de la chambre des vacations.
11. Me. Fin de la discussion sur la division du royaume en départements.
Arrêté du district des Cordeliers, signé Danton,
décidant de faire prêter serment à ses représentants
à la Commune, sous peine, s'ils ne respectent pas la volonté
des « citoyens constituants », d'être révoqués.
12. J. Thouret président ; décision sur .la division
des départements en districts et sur la création des
municipalités. La chambre des vacations du Parlement de Metz
proteste contre le décret du 3 nov.
13. V. Décret ordonnant la déclaration de tous les
biens ecclésiastiques devant les juges royaux et municipaux.
Rentrée de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
14. S. Necker présente un plan de banque nationale. L'Assemblée
décide qu'il y aura trois séances du soir par semaine.
Rentrée de l'Académie des Sciences.
15. D. Le Parlement de Rennes, refusant d'enregistrer le décret
du 3, est mandé à la barre de l'Assemblée.
Mounier envoie sa démission. Au Théâtre de Monsieur,
des citoyennes, qui avaient invité le roi et la reine, applaudissent
au Souper d'Henri IV.
16. L. Premiers décrets sur les municipalités. Rentrée
du Collège royal: Delille lit des morceaux de l'Imagination.
17. Ma. Libération de Gand par les patriotes après
une âpre bataille. 18. Me. Début du procès de
Bezenval.
19. J. Discussion de l'arrêté des États de Cambrésis,
intervention de Robespierre. Naissance à Paris d'un enfant
dont la tête est semblable à celle de Foulon, que sa
mère avait vu porter.
20. V. Débats sur le plan de Banque nationale; discours de
Mirabeau et de Dupont. Tous les députés s'engagent
à donner leurs boucles d'argent à la caisse patriotique,
sur une proposition de d'Ailly qui ôte les siennes à
la tribune. Déclaration de Joseph II, proposant une amnistie
aux Brabançons.
21. S. Le soir, séance houleuse: dans le rapport des activités
du Comité de recherche, Goupil de Préfeln dénonce
une lettre de Malouet, qui est finalement disculpé par l'Assemblée.
23. L. L'archevêque d'Aix, de Boisgelin, président.
Rapport de la députation des actionnaires de la Caisse d'escompte.
Des manoeuvres et journaliers se présentent à la porte
de l' Assemblée pour demander du pain et du travail; la Garde
nationale les repousse. Dénonciation officielle des «
complots » (dont celui du 6 oct.) par le comité de
recherche de I'Hôtel-de-Ville. Dans les rue de Paris, des
groupes contraignent les passants à livrer leurs boucles
d'argent, et les femmes leurs pendants d'oreilles; de prétendus
commissaires de district cherchent l'argenterie dans les maisons.
25. Me. La « contre-révolution » annoncée
quelques jours auparavant n'a pas lieu; Paris est calme.
27. V. Suppression des étrennes aux personnes publiques.
28. S. On dénonce à l'Assemblée les dépenses
abusives et le « livre rouge ». Vente aux enchères
des matériaux provenant de la Bastille.
29. D. A l'Étoile, près de Valence, fédération
des Gardes nationales du Dauphiné et du Vivarais. Les troupes
prussiennes entrent dans Liège: « Vive le roi de Prusse
».
30. L. La Corse est décrétée partie intégrante
de l'Empire Français; Mirabeau demande que les Corses expatriés
qui ont combattu pour la défense de leur liberté soient
autorisés à rentrer dans leur pays. Au Châtelet,
ouverture de la procédure contre les fauteurs et complices
des attentats et voies de fait commis à Versailles le 6 oct.
, à la requête du Comité de recherche de l'Assemblée.
Monsieur, frère du roi, reçu à l'unanimité
à la Société philanthropique.
Publications. Journaux: début du Courrier de Madon de Dinocheau,
des Révolutions de Paris de Tournon, concurrentes de celles
de Prudhomme, des Actes des Apôtres (2 nov,), de la Gazette
nationale, ou le Moniteur universel (24 nov.), des Révolutions
de France et de Brabant de Desmoulins (28 nov.). A la mi-novembre,
Exposé de la conduite de M. Mounier dans l'Assemblée-Nationale
et des motifs de son retour en Dauphiné (plusieurs éditions)
; Les Chevaux du manège,1re partie (2. partie à la
mi-déc.) ; Coup d'œil sur la situation de la Corse,
attribué à Celestini ; Desmoulins, Réplique
aux deux mémoires des sieurs Leleu, insignes meuniers de
Corbeil, en présence de M. Necker ; à la fin du mois,
Etat nominatif des pensions sur le trésor royal, imprimé
par ordre de l' Assemblée Nationale, très attendu
et très commenté.
Décembre
1. Ma. Guillotin propose l'égalité des peines pour
tous les citoyens et la décapitation « par l'effet
d'un simple mécanisme » (bientôt circulera une
chanson sur la « guillotine ») ; discours de Maury en
faveur des supplices traditionnels. Graves troubles à l'arsenal
de Toulon; d'Albert de Rioms, commandant, et 4 officiers sont emprisonnés.
2. Me. Lettre de réclamation du ministre des colonies, La
Luzerne, contre la dénonciation portée par Gouy d'Arcy
; d'Ambly demande que les dénonciateurs soient tenus de fournir
des preuves, à peine d'être chassés de l'Assemblée
; Mirabeau s'y oppose. Fin des décrets sur les municipalités.
A 7 h. du matin, une voiture de fumier, où l'on soupçonne
qu'est cachée de l'argenterie, est arrêtée au
Pont- Neuf, sondée au district, puis à I'Hôtel-de-Ville
; on n'y trouve rien.
3. J. Target propose un amendement au décret du marc d'argent
(tribut civique égal à la valeur de cette contribution,
payé pendant deux ans) ; l'Assemblée le repousse après
de longs et tumultueux débats. Elle refuse la création
d'un Comité colonial, après une discussion sur l'Etat
des gens de couleur (sur une motion de Grégoire). Mort du
peintre Joseph Vernet.
4. V. Pour faire cesser les coupes sauvages dans les bois proches
de Paris, la Commune arrête de prêter main forte aux
officiers de la maîtrise des eaux et forêts.
5. S. Dans une lettre à l'Assemblée, le marquis de
Villette, président du Club national, offre les boucles d'argent
de ses membres. Discours de Talleyrand et de La Borde sur le plan
des finances.
7. L. Fréteau président. Target propose un nouvel
amendement au décret du marc d'argent, dont seraient dispensés
les candidats réunissant au 1er scrutin les trois quarts
des suffrages; il est rejeté à une courte majorité.
Le soir, discussion sur l'affaire de Toulon.
8. Ma. Adresse de la ville de Nantes, dénonçant la
résistance du Parlement de Rennes au décret du 3 nov.
10. J. L'Assemblée décrète que les intendants
cesseront leurs fonctions quand les administrations des départements
seront en activité ; applaudissements, on crie bis dans les
tribunes. Mirabeau propose un système « graduel »
dans les élections, applicable en 1795-1797. Début
de l'insurrection bruxelloise; messe solennelle à Sainte-Gudule,
tous les fidèles prennent la cocarde.
11. V. L'Assemblée met les forêts sous la sauvegarde
de la nation.
12. S. La Tour du Pin, ministre de la guerre, présente un
plan d'organisation militaire; Dubois de Crancé provoque
un incident en critiquant vivement l'armée de métier,
et propose la conscription. Motion de Dom Gerle, supérieur
des chartreux, demandant la sécularisation des moines qui
le désirent. Marat, arrêté, comparaît
à I'Hôtel-de-Ville; il est aussitôt relâché.
La loi martiale proclamée à Marseille. Bruxelles libérée
par les patriotes.
13. D. Catastrophe à Senlis: un forcené tire sur le
défilé de la Garde nationale et fait sauter sa maison;
nombreux morts et blessés. Duel entre A. de Lameth et La
Bourdonnais.
14. L. Vote de la loi d'organisation municipale; discussion sur
la conscription.
15 Ma. Le soir, le vicomte de Mirabeau provoque un scandale, en
voulant justifier le Parlement de Rennes; l' Assemblée mande
à la barre la Chambre des vacations de ce Parlement. D'Albert
de Rioms et les officiers de Toulon libérés.
16. Me. Décret repoussant la conscription. Duel entre le
comte de Latour-Maubourg et le vicomte de Mirabeau.
17. J. Rapport de Treilhard, au nom du Comité ecclésiastique,
sur la réforme des congrégations. Namur évacué
par les Autrichiens.
18. V. Volney intervient à l'Assemblée contre l'offre
d'une somme de 900 000 livres par la république de Genève.
Le chef des insurgés, Vandernoot, reçu à Bruxelles
dans l'enthousiasme; Te Deum à Sainte-Gudule et représentation
de la Mort de César de Voltaire.
19. S. A l'issue d'une séance très houleuse, l' Assemblée
décide la création de 80 millions de billets de la
Caisse d'escompte et la vente de 400 millions des biens ecclésiastiques
et des domaines (émission d'assignats) ; lecture d'une lettre
de Pascal Paoli exprimant sa joie des décrets du 30 nov.
20. D. Cérémonie solennelle de clôture de l'amende
honorable de 40 jours pour le vol de vases sacrés et la profanation
du Saint-Sacrement à Saint-Etienne-du-Mont ; la municipalité
y assiste.
21. L. Motion pour l'accession des non-catholiques et des comédiens
à tous les droits de citoyenneté.
22. Ma. Demeuniers président. Rapport de Thouret sur le pouvoir
judiciaire. Le « parti de l'opposition » demande une
loi sur la presse. Le soir, Guillotin soumet les plans de la Commune
sur la réorganisation des ateliers de charité et sur
la subsistance des pauvres.
23. Me. Clermont- Tonnerre défend les droits de citoyenneté
des protestants, des comédiens, des juifs et du bourreau.
Arrêté du Comité de police à l'Hôtel-de-Ville
limitant à 300 le nombre des colporteurs, à 60 celui
des afficheurs, et réitérant l'interdiction de proclamer
des journaux. Mort de l'abbé de l'Épée. Les
États de Flandre déclarent la nation indépendante
et l'Empereur déchu de son droit de souveraineté.
24. J. Discours de Maury contre les droits civiques des comédiens
et des juifs; dans son décret, l'Assemblée ne réserve
finalement la question que pour les juifs. Arrestation du marquis
de Favras, accusé de comploter l'évasion du roi.
25. V. Nuit de Noël: mesures extraordinaires de police, jusque
dans les églises, les premiers étages des maisons
éclairés de crainte d'une « contre-révolution
».
26. S. A 6 h. du soir, Monsieur va à l'Hôtel-de-Ville
se justifier de la complicité dont on l'a accusé dans
le complot de Favras.
27. D. Un consistoire secret, à Rome, ordonne l'emprisonnement
de Cagliostro.
28. L. Décret ordonnant aux intendants et aux administrations
provinciales de rendre compte de leur gestion. Trudon, de la Garde
nationale, « Poignardé » dans sa guérite
rue des Quatre-Fils. Première représentation orageuse
de l' Esclavage des nègres, ou Zamore et Mirza, comédie
d'Olympe de Gouges.
29. Ma. L'Assemblée refuse le don de Genève.
31. J. Les Dames de la Halle font leur compliment de nouvelle année
à l'Assemblée.
Publications: nombreux pamphlets contre-révolutionnaires,
Ouvrez donc les yeux, Adresse aux provinces (attribuée à
l'abbé de Montesquiou, qui la désavoue dans la séance
du 22), Intérêt et cris des provinces. Aubert de Vitry,
Jean-Jacques Rousseau à l' Assemblée Nationale; Louvet
de Couvray, Paris justifié contre M. Mounier ; Servan, Adresse
aux amis de la paix.
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