
Table des matières
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1- Numéro spécial : littératures populaires
Lise ANDRIES, Jean BALCOU, Hans-Jürgen LÜSEBRINK : Présentation
, 5
Lise ANDRIES et Hans-Jürgen LÜSEBRINK : État présent
des recherches et perspectives 7
Daniel ROCHE : Les occasions de lire 23
Martine SONNET: La lecture dans les petites écoles 33
Roger CHARnER : Lectures paysannes. La bibliothèque de l'enquête
Grégoire 45
Jean QUÉNIART : Un enjeu de la pastorale religieuse 65
Jean BALCOU : La transcription en Basse-Bretagne de quelques textes
du 18e siècle 75
Pierre TESTUD : Culture populaire et création littéraire.
Le cas de Rétif de la Bretonne 85 Ségolène
LE MEN: L'image et la Bibliothèque bleue normande 99
Rolf REICHARDT et Herbert SCHNEIDER: Chanson et musique populaires
devant l'Histoire à la fin de l'Ancien Régime 117
Jacques GUILHAUMOU : Les mille langues du Père Duchêne:
la parade de la culture populaire pendant la Révolution 145
Françoise Du SORBIER: La biographie criminelle anglaise.
Formes narratives et circuits de diffusion 155
Gilles DUVAL : La roue de la Fortune dans les livrets de colportage
anglais 169
Alexandre Duru : Livres populaires français et allemands
dans l'Europe du Sud-Est 179
Il. MÉLANGES :
Inédits :
L'exploration de la Sibérie. Trois lettres de J.-N. DELISLE
au comte de PLELO, présentées par Miguel BENITEZ 191
Le fermier général HELVÉTIus en Lorraine: un
projet de réforme (1744-1745) présenté par
Marie-Thérèse INGUENAUD 201
Histoire :
Anne-Marie JATON : Du corps paré au corps lavé: une
morale du costume et de la cosmétique 215
Yves TRIPIER: Les agents nationaux en Bretagne 227
Hervé GUÉNOT : Musées et lycées parisiens
(1780-1830) 249
Histoire des Sciences et des Idées
:
Charles LARMORE : La critique newtonienne de la méthode cartésienne.
269
Pierre COSTABEL : Euler lecteur de Descartes 281
François AZOUVl : Note sur l'existence chez Lelarge de Lignac
et Descartes. 289
Bernard COTTRET : L'Essai sur l'origine du mal, de William King.
Vers une définition de l’optimisme 295
Sylvia MURR : Indianisme et militantisme protestant. Veyssière
de La Croze et son Histoire du christianisme des Indes 303
Françoise DION-SIGODA : Une contradiction chez Helvétius
: l'herbivore et e carnassier 325
Jean-Paul FRICK : Condorcet et le problème de l'Histoire
337
Littératures :
Charles MAZOUER : Les tragédies romaines de Voltaire 359
Jean RENAUD: " Jacques, vous n'avez jamais été
femme » 375
Jean-Michel RACAULT : Virginie entre la nature et la vertu. Cohésion
narrative et contradictions idéologiques dans Paul et Virginie
389
Duarte MIMOSO-RUIZ et Jacques RUSTIN : Casanova/Fellini ou le bel
infidèle 405
Arts :
Michel BARIDON : Jardins et paysage. Existe-t-il un style anglais
? 427
Notes de lecture : Revues, publications pluridisciplinaires, bibliographies.
447 Éditions de textes 461 Histoire. 481 Histoire des idées
513 Littératures 526 Arts 548
Par: Lise ANDRIES, Jean-Robert ARMOGATHE, Sylvain AUROUX, Frank
BAASNER, Jean BALCOU, Michel BARIDON, Georges BARTHEL, Serge BAUDIFFIER,
Miguel BENITEZ, Yves BENOT, Jean BÉRANGER, Guy BESSE, Pierre-André
BOIS, Jean BOISSIÈRE, Jean-Claude BONNET, Alain BONY, Jean-Claude
BOURDIN, Dominique BOUREL, Pierre CHARTIER, Jeanne CHENU, Bernard
CHEVIGNARD, Jacques CHOUILLET, Anne-Marie CHOUILLET, Michel DELON,
Roland DESNÉ, Michel DUBUIS, Jean DUCROCQ, Georges DULAC,
Henri DURANTON, Georges DUVAL, Françoise ESCAL, Béatrice
FINK, Marita GILLI, Gianluigi GOGGI, Jacques GUILHAUMOU, Édouard
GUITTON, Jean-Louis HAROUEL, Hans-Christoph HOBOHM, Roland KREBS,
Jean-Louis LECERCLE, Gérard LUCIANI, Hans-Jürgen LüSEBRINK,
Michel MALHERBE, Edgar MASS, Claude MICHAUD, Françoise MICHAUD-FRÉJAVILLE,
Sylvette MILLIOT, Anna MINERBI BELGRADO, Jean MONDOT, Alain MONTANDON,
François MOUREAU, Jean de PERSON, René POMEAU, Jean
SGARD, Ann THOMSON, Michel TROUSSON, Raymond TROUSSON, Jean VASSORT,
Théodore VETTER, Peter WAGNER, Françoise WEIL.
Index alphabétique des notes de lecture , 555 Livres reçus
560
Correspondance: A propos de la carte du protestantisme en France
: une lettre d' André THIERRY et la réponse de Claude
LAURIOL 563
Summaries of the articles in this issue ( avec la collaboration
d' Ann THOMSON) 565
Littératures populaires : présentation
Le choix d'un tel titre peut apparaître comme une provocation
ou du moins comme un paradoxe. On sait combien le terme de «
populaire » est aujourd'hui contesté. Contesté
à cause du flou qui l'accompagne: pour le peuple, par le peuple
? Contesté à cause de la trop grande généralisation
du mot peuple (rassemblement de tous ou classe sociale distincte)
1. Il est vrai que dans une perspective d'histoire sociale affinée,
le populaire se dérobe en tant qu'outil conceptuel- car à
quel(s) groupe(s) social(aux) se réfère-t-il ? -et qu'il
peut rappeler fâcheusement la terminologie utilisée par
l'ancien folklore. Le projet de ce numéro a été
pour- tant de rendre compte des littératures populaires d'une
manière que nous souhaiterions dépourvue d'ambiguïté:
des livres pour le peuple et non écrits par lui, des livres
cependant aptes à modeler l'imaginaire, à imprégner
une mémoire culturelle. C'est pourquoi nous avons mis l'accent,
dans la composition du numéro, sur deux questions qui nous
semblent essentielles, la diffusion des textes (lieux de production
et de circulation) et les phénomènes d'échanges
culturels (pratiques de la lecture et réception des textes,
relation entre littérature savante et littérature populaire,
entre culture orale et culture écrite ).. Le problème
corollaire de la transcription en vue d'un public populaire, qu'il
s'agisse de textes d'auteur ou de tradition orale, a été
notamment abordé dans cet esprit. Le numéro s'inscrit
enfin dans une double perspective historique et comparatiste, amenée
certainement à se développer dans un proche avenir.
Les différentes contributions rendent bien compte, à
notre sens, de ce que représente actuellement la recherche
dans le domaine de la littérature populaire. L'ensemble reste
d'ailleurs fidèle à un projet initial dont la cohésion,
il faut le souligner, se fondait sur la personnalité et le
champ de recherche de tous ceux qui, dès le début, ont
accepté de s'associer à l'entreprise. Sans doute les
aspects comparatistes auraient-ils pu être développés
davantage puisqu'il existe par exemple en Allemagne, en Italie et
en Espagne, une importante littérature de colportage. En revanche
la diversité des littératures populaires et leur caractère
d'objets culturels hybrides apparaissent clairement au fil des articles,
remettant définitivement en cause la trop rapide assimilation
de la littérature populaire du l8e siècle à la
Bibliothèque bleue. La place de cette dernière, qui
reste cependant essentielle, sera évoquée plus loin
dans l'article intitulé « État présent
des recherches et perspectives ». Rappelons pour conclure que
l'étude des littératures populaires a été
longtemps méprisée et qu'aujourd'hui encore elle occupe,
à tort, une position marginale dans l'histoire littéraire
et dans les recherches dix-huitiémistes. Nous espérons
donc que ce numéro contribuera à faire bouger les choses.
LISE ANDRIES JEAN BALCOU H.-J. LÜSEBRINK
Notes
1. Voir G. BOLLÈME, Le peuple par écrit (Paris, Le
Seuil, 1986).
Etat présent des recherches et
perspectives
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1. L'historien américain Eugen Weber posa, voici quelques
années, dans son livre La Fin des terroirs. La modernisation
de la France rurale (1870-1914) la question: « qui chantait
la Marseillaise ? » (Weber 1983, 626). Question surprenante,
mais judicieuse puisque les recherches d'historiens portant sur
l'alphabétisation et la lecture ont bien montré, depuis
l'enquête de Maggiolo (1876), qu'un tiers seulement des habitants
du territoire français savait lire, écrire et parler
français au début de la Révolution, tandis
que deux bons tiers ne parlaient que leur patois ou une des langues
régionales (alsacien, flamand, breton, occitan) et partageaient
une culture uniquement transmise par voie orale. La dimension de
l'acculturation livresque en français se rétrécit
encore, pour ce qui est des 17e et 18e siècles, si on prend
en considération l'importance de la langue et de la littérature
allemandes en Alsace et la part de livres en langues bretonne et
provençale, notamment de contenu religieux, dans l'Ouest
et le Sud de la France . Parler de « littératures populaires
au 18e siècle » se révèle, à l'égard
de ces données linguistiques et socio- culturelles incontournables,
quelque peu paradoxal si on prend en compte, comme dans l'ensemble
d'articles du présent numéro, la seule littérature
populaire écrite. La « véritable » littérature
populaire du 18e siècle (celle partagée par la grande
majorité des populations) étant forcément orale,
la littérature populaire écrite, sous les différentes
formes évoquées ci-après, se définit
donc d'abord comme une « littérature de l'entre-deux
», une littérature intermédiaire entre culture
orale et culture savante (Berger 1985 [voir notre bibliographie
en annexe]). Ses lecteurs, à commencer par le public de la
Bibliothèque bleue, sont essentiellement un public d'artisans,
de boutiquiers, de domestiques et de laboureurs, donc une «
élite populaire » (Richter 1984, 17 ; Goulemot 1980
; Roche 1981) à laquelle il faut ajouter, sources et témoignages
à l'appui, un public de lecteurs des classes supérieures
de la société (Burke 1978,61), qui se divertit à
l'occasion avec les livrets bleus comme la bourgeoisie le fait aujourd'hui
avec la littérature de gare.
Deux modèles ont été proposés pour penser
l'émergence et les structures formelles, sémantiques
et idéologiques de cette littérature populaire écrite
de l'Europe moderne (1500-1800) : d'une part le paradigme du «
processus de civilisation » (Elias 1969 ; Muchembled 1978)
selon lequel la culture des classes subalternes de la société,
y compris ses formes d'expression écrites, aurait subi, entre
1500 et 1800, une acculturation forcée vers les modèles
de ,vie et d'expression des classes supérieures de la société.
L'Eglise et, dans une mesure croissante, l'Etat (Goulemot 1980),
mais aussi des formes d'imitation sociales, esthétiques et
culturel.. les plus ou moins spontanées (Roche 1981), apparaissent
comme les moteurs de ce large processus d'acculturation sociale
des populations entre la fin du Moyen Age et l'aube de l'ère
industrielle, processus défini par R. Muchembled (1978) comme
une « véritable révolution culturelle conduite
par les élites », entraînant une « lente
mise à mort, aux 17e et 18e siècles pour l'essentiel,
de ce qui avait été un système cohérent
d'explication du monde ». L'autre modèle d'appréhension
de la culture et de la littérature populaires de l'Europe
moderne part du constat d'un clivage fondamental entre une culture
d'élite en mutation accélérée depuis
la fin du 15e siècle, et une culture populaire quasi immobile
du Moyen Age jusqu'au milieu du 19e siècle (Mandrou 1985).
Ces deux modèles d'appréhension de la littérature
et de la culture populaires de l'Europe moderne ont en commun la
définition d'une dichotomie rigide distinguant culture populaire
et culture savante, « Volksliteratur » et « Gelehrtenkultur
», et la vision d'une culture populaire pure et intacte domestiquée
et refoulée par des processus d'acculturation foncièrement
aliénants émanant du monde lettré des élites
savantes des 16e, 17e et 18e siècles. Suite à des
études d'horizons très divers qui ont montré
dans quelle mesure ces deux modèles d'appréhension
des cultures et des littératures populaires de l'Europe moderne
ont hérité inconsciemment tant des conceptualisations
de l'Eglise de la Contre-Réforme que des recherches folkloristes
du 19e siècle, le présent dossier se propose de diriger
le regard vers les processus d'osmose, de contamination réciproque
et de réception productive entre culture populaire orale,
littérature populaire écrite et littérature
savante. Thèmes et formes d'expression esthétiques
de la littérature populaire écrite, loin de se cantonner
dans l'autonomie d'un espace populaire cloisonné et d'obéir
aux seules lois de l'imitation et de la vulgarisation de modèles
« venus d'en haut », paraissent soumis à l'historicité
des besoins du public et l'accélération des échanges
et réappropriations culturelles qu'il suscite. La culture
de la place publique (Bakhtine), ses plaisanteries scatologiques,
ses parades comiques et sa rhétorique de la satire se retrouvent
ainsi, sous des formes qui se modifient au cours des 17e et 18e
siècles, dans les « occasionnels », les chansons
imprimées, des journaux comme les Père Duchesne ou
encore les livrets de la Bibliothèque Bleue (Marais 1980,
94). En revanche, des récits de la littérature populaire
écrite, tels ceux sur la belle Mélusine ou sur Geneviève
de Brabant, rejoignent à travers la lecture orale de textes
écrits les voies de la culture orale (Schenda 1982, 56).
On trouve trace de cette influence dans plusieurs des contes relevés
par P. Delarue et M. L. Tenèze : le récit de Jean
de Calais par exemple (un des grands succès de la Bibliothèque
bleue aux 18e et 19e siècles si on se fonde sur le nombre
des rééditions), lui-même inspiré d'un
roman médiéval, a donné naissance à
plusieurs versions orales, et il en est de même de la plupart
des contes de Perrault, largement diffusés au 19e siècle
dans la littérature de colportage. Rappelons enfin la place
importante de la chanson et de la forme versifiée dans la
littérature de colportage. La chanson a, sur les autres textes,
l'immense avantage d'établir un pont entre lisants et non
lisants et de s'intégrer dans une pratique collective, festive
ou ritualisée. D'un point de vue formel, elle se prête
enfin, comme le poème, à une lecture incantatoire
où le récitant scande son texte à la façon
du conteur de la tradition orale. Une enquête comparatiste
avec d'autres pays que la France révèlerait plus encore
cette prépondérance: « romances » des
littératures de colportage espagnole et portugaise, Balladen
germaniques et ballads britanniques.
2. Avant d'évoquer l'évolution historique et les aspects
comparatistes des littératures populaires dans leur ensemble,
nous voudrions réserver une place à part à
la Bibliothèque bleue qui nous paraît d'ailleurs illustrer
concrètement les questions de problématique générale
posées à l'instant. En effet, la Bibliothèque
bleue est au coeur de la littérature populaire sous l'Ancien
Régime. Cette place privilégiée, elle la doit,
surtout au 18e siècle, à la fois à son extraordinaire
diffusion (des centaines de milliers de livrets imprimés
chaque année) et à la variété de son
catalogue de titres qui en fait une sorte d'encyclopédie
à usage populaire. Grâce aux travaux pionniers de R.
Mandrou et de G. Bollème qui ont fondé la recherche
actuelle dans ce domaine, la thématique des livrets bleus
est bien connue. D'autre part, le fait qu'il s'agit d'une collecrion,
c'est-à-dire d'un ensemble de livrets aisément repérables
par leurs titres, leurs éditeurs, leur aspect matériel
(la fameuse couverture bleue) donne à la Bibliothèque
Bleue une importance culturelle dont les contemporains ont d'ailleurs
perçu l'enjeu (voir l'article de J. Quéniart sur le
rôle de l'Eglise ). Car la Bibliothèque bleue émerge
avec sa cohésion, d'un rassemblement composite de textes
très divers, manuels scolaires, images, occasionnels, livrets
bleus et almanachs (ces deux dernières catégories
étant souvent fort proches l'une de l'autre) qui, au 18e
siècle, constituent la littérature populaire. Quant
à l'« authenticité » de la destination
populaire de la Bibliothèque bleue, elle est attestée
par divers témoignages (voir en particulier les Mémoires
de Jamerey Duval, texte réédité par J .-M.
Goulemot ainsi que les articles ici présentés de P.
Testud et R. Chartier). Il est vrai que la Bibliothèque bleue
a pu également toucher un public bourgeois ou aristocratique
par un phénomène semblable à celui qu'ont connu
d'autres littératures de grande consommation comme la littérature
de gare citée plus haut. Mais nous pensons que les amateurs
éclairés du 18e siècle, Huet, évêque
d' Avranches et surtout le marquis de Paulmy qui rassemblèrent
un nombre considérable de romans de colportage, détournaient
cette littérature de ses véritables destinataires.
Comme le rappelle Jean-Claude Passeron, « C'est le propre
des dominants que de vouloir avoir en même temps le "
Même et l'Autre " et de disposer des moyens de ce caprice
» .
La fascination qu'exercent les romans bleus sur une partie du monde
intellectuel, surtout après les années 1760, va de
pair avec la redécouverte du roman gothique et du Moyen Age.
Si Huet et Paulmy se contentent de collectionner les romans de chevalerie
de la Bibliothèque bleue, d'autres comme Tressan les réécrivent
; pour les mettre au goût du jour, quitte à ce que
ces réécritures soient plus tard réintroduites
à leur tour dans la littérature de colportage (voir
L. Andries 1981) : preuve que le clivage entre littérature
savante et littérature populaire n'est pas opératoire.
Tout se passe comme si l'on avait affaire à des publics socialement
bien distincts qui pourtant reçoivent, sur des points précis
et par le biais d'éditions différenciées, des
informations similaires. On ne peut réduire cela à
un simple processus de vulgarisation. Un autre exemple significatif,
valable aussi bien pour l' Angleterre que pour la France, dans une
moindre mesure pour l' Allemagne, est celui de la littérature
criminelle et des grandes affaires politiques comme l'affaire du
Collier. Il s'agit là d'un sujet qui intéresse tous
les publics et qui suscite de ce fait des stratégies éditoriales
diversifiées, permettant d'offrir un large éventail
de prix, de formats et de variantes textuelles pour une seule affaire.
En outre, ainsi que l'a montré F. du Sorbier pour l'Angleterre
, tel chapbook peut inspirer un romancier ou bien tel écrit
destiné au lecteur érudit en matière pénale
peut à son tour être imité dans un chapbook.
La production imprimée paraît ainsi constituée,
non de deux blocs savant/populaire, mais d'une série de gradations
multiples conduisant d'une littérature bon marché
du type Bibliothèque bleue jusqu'à des ouvrages sophistiqués
s'adressant à l'élite cultivée : autant de
productions qui sont des intermédiaires et qui conduisent
à penser que certains écrits populaires peuvent être
simplement ceux qui bénéficient d'une diffusion massive,
d'une popularisation.
Un dernier aspect, qu'il est nécessaire d'aborder dans une
étude des échanges culturels, concerne le rapport
de la Bibliothèque bleue à l'Histoire ou plus exactement
sa capacité de renouvellement et de transformation. On a
déjà rappelé les thèses contradictoires
de R. Mandrou et de R. Muchembled sur ce sujet. En fait, nous fondant
sur la lecture d'un grand nombre de livrets bleus, nous croyons
pouvoir dire que: 1) cette littérature évolue mais
à un rythme infiniment plus lent que le reste de la production
imprimée; l'article de S. Le Men, dans le domaine iconographique,
aboutit à ces conclusions; 2) des secteurs entiers de la
Bibliothèque bleue se figent au 18e siècle (ainsi
des romans de chevalerie) alors que d'autres sont en expansion et
se transforment (les livres scolaires par exemple). Une analyse
des réécritures de romans et d'autres ouvrages au
cours de leurs rééditions, confirme cette évolution
et permet de mieux cerner une politique éditoriale cherchant
à s'adapter aux variations du goût du public (Andries
1978 ; Chartier 1982). La Bibliothèque bleue n'en reste pas
moins, dans son ensemble, une littérature marquée
par un décalage historique et culturel qui la sépare
du reste de la production imprimée (il faut par exemple une
cinquantaine d'années pour que les contes de fées
écrits à la fin du 17e siècle entrent dans
le catalogue). Il est significatif également qu'elle n'accorde
au 18e siècle aucune place à l'histoire ni à
la science (sauf pour le secteur magie- astrologie), alors que les
livres de piété représentent près de
la moitié du catalogue, et cela jusqu'à la Révolution.
On peut d'ailleurs faire le même constat à propos de
la production provinciale, la Bibliothèque bleue s'écartant
seulement de façon plus caricaturale encore des éditions
parisiennes. Or d'autres textes à diffusion populaire, les
brochures d'actualité, les complaintes criminelles et certains
almanachs tel le Mathieu Laensberg portent bien davantage les signes
de l'évolution des mentalités et des bouleversements
à venir, faisant apparaître la Bibliothèque
bleue, dès la seconde moitié du siècle, comme
le secteur le plus archaïque de cette littérature.
3. Saisir le décalage entre l'intention des auteurs et l'appropriation
d'un ouvrage à circulation populaire par le public visé,
n'est pas aisé, vue la rareté des sources parvenues
jusqu'à nous. Les témoignages d'hommes du peuple,
notamment de paysans et d'artisans, sur leurs modes de lecture et
leurs manières d'appropriation de la culture livresque sont
certes rares, mais souvent riches en renseignements précieux.
J. Testud verse ci-après une pièce importante à
la connaissance de ce champ d'études récemment ouvert
par C. Ginzburg (1976), J .-M. Goulemot (1980), D. Roche (1982)
, M. Spufford (1979) et l'article de G. Sauder (1979) sur les livres
et les manières de lire de l'autodidacte suisse Ulrich Bräker,
auteur d'une autobiographie à succès dans les années
80 du 18e siècle (Lebensgeschichte und natürliche Abe
theuer des armen Mannes im Toggenburg, 1789). Ces études
permettent de saisir les formes de résistance envers les
modèles de perception et de comportement proposés
par la culture savante, de même que les formes de leur appropriation
productive au sein de cette « élite populaire »
d'artisans, de laboureurs, de domestiques et de boutiquiers qui
constitue le public essentiel deconsommateurs des littératures
populaires écrites au 17e et au 18e siècle.
En revanche, l'étude du système des genres de la littérature
populaire, qui permettrait de mieux appréhender l'évolution
des goûts et besoins de lecture du public populaire dans une
perspective d'anthropologie historique, n'a guère été
amorcée jusqu'ici. Des genres de grande diffusion comme le
cantique, le calendrier, voire l'almanach et les genres du Théâtre
de la Foire, restent très mal connus, tant à l'égard
de leur dimension quantitative que sous l'angle des structures formelles
et de la bibliographie matérielle. J. Quéniart esquisse
ci-après une analyse du genre des Noëls populaires,
l'historien R. Reichardt et le musicologue H. Schneider une étude
à la fois quantitative, formelle et sémantique de
l'évolution de la chanson à la fin du 18e siècle.
L. Matthes (1983) montre dans sa thèse comment le vaudeville,
qu'on aurait cru a priori être un genre populaire par excellence
des 17e et 18e siècles, se déplace au début
du 18e siècle de la rue vers le théâtre bourgeois,
notamment l'opéra-comique, pour ne retrouver un public populaire
qu'à l'époque révolutionnaire à travers
le vaudeville devenu genre théâtral. M. Wodsak (1985)
a analysé dans une thèse récente les voies
d'évolution du genre populaire de la complainte entre la
fin du Moyen Age et le 19e siècle, temps d'apogée
du genre. Au sein de cette évolution de longue durée,
les 17e et 18e siècles marquent le déplacement du
genre vers la complainte criminelle à diffusion populaire
qui accordera, depuis les premières décennies du 18e
siècle, une part de plus en plus importante à la description
des crimes les plus atroces, au détriment des séquences
moralisatrices relatives à la cérémonie exécutive.
Différentes études de F. Nies, issues d'un projet
de recherche sur le système des genres littéraires
en France depuis le 15e siècle jusqu'à nos jours,
fondé sur une approche « sémasiologique »
par laquelle ont pu être identifiées plus de 1 500
dénominations de genres, incitent à repenser la part
du populaire au sein de l'ensemble, étonnamment massif, des
genres non canonisés de l'époque moderne; questionnement
pour lequel son livre, Genres mineurs (1979), offre une première
documentation précieuse. Ses travaux sur le système
des genres entre 1789 et 1799 amènent en outre à considérer
l'époque révolutionnaire (contrairement à la
vision de la quasi-totalité des histoires littéraires
existantes) comme une période de créativité
littéraire intense, également dans le domaine des
littératures populaires écrites (Nies 1981).
4. Distinguer, contrairement à la plupart des recherches
sur le sujet (par exemple Mandrou 1985 ;Bollème 1971 ; Muchembled
1978 ; Schindler 1984), un ensemble « Littératures
populaires du 18e siècle » peut paraître arbitraire.
Pour les littératures populaires, ni 1685 ni 1715 ne constituent
des années de césure, comme pour la littérature
savante tout au moins en France, et la Querelle des Anciens et des
Modernes n'y a laissé quasiment aucune trace. En revanche,
les études du présent dossier dégagent d'abord
pour le 18e siècle, suite à des travaux déjà
publiés, des mutations de l'espace social et culturel qui
ont déterminé foncièrement la production, la
réception et la structure de la littérature populaire
écrite: la progression de l'instruction élémentaire
et l'extension des occasions de lire (et des incitations à
la lecture) dans l'espace urbain que montrent ci-après M.
Sonnet et D. Roche ; l'extension du réseau routier et la
multiplication des foires et marchés à partir des
dernières décennies du 17e siècle qui intensifient
les communications, les échanges culturels, notamment par
l'écrit, et les migrations de populations (Mandrou 1978)
; le triomphe enfin d'un processus de différenciation sociale
et culturelle qui s'impose entre 1650 et 1750, rejetant, aussi bien
dans le discours des livrets de la Bibliothèque bleue que
dans la pastorale chrétienne et les articles de l'Encyclopédie,
certaines pratiques et croyances « populaires » comme«
superstitieuses », « obscènes » et «
grossières » (Goulemot, 1980 et 1984 ; Chartier 1984).
Si les institutions, l'Ecole et l'Eglise, sont présentes,
il a semblé également nécessaire de mettre
en lumière d'autres relais culturels propres à la
société d'Ancien Régime et à ses formes
particulières de convivialité : la famille, les confréries,
l'atelier, le cabaret, autant de lieux favorisant la circulation
de l'imprimé et faisant, pour la plupart, davantage partie
de la sphère publique que du for privé. C'est ce que
D. Roche et R. Chartier montrent ici, associant de façon
caractéristique la lecture du peuple à des pratiques
collectives.
Quant au corpus de textes littéraires populaires lui-même,
on relève essentiellement deux tendances d'évolution
propres au 18e siècle: l'émergence du politique, liée
à la politisation croissante de l'ensemble de l'opinion publique,
même dans les collections de la Bibliothèque bleue,
et notamment dans les complaintes, chansons, livrets bleus et pamphlets
autour des grandes figures de criminels (Mandrin, Cartouche et Guillery).
Les crises politiques de la seconde moitié du siècle,
comme les affaires de la bulle Unigenitus (1754), Maupeou (1774/75),
du Collier (1786) ainsi que des procès à scandale
(affaire Cléreaux-Froudière en 1785-90) (Lüsebrink
1983), l'affaire Salmon (1782) et la fameuse « affaire des
trois roués » (1785) ont également connu d'importants
retentissements dans la littérature populaire, en particulier
dans les « canards » ( estampes populaires accompagnées
de tex- tes) et dans la chanson, comme le montrent ci-après
R. Reichardt et H. Schneider. D'autre part, le 18e siècle
a vu la genèse d'une littérature éducative
« pour le peuple » écrite et diffusée
non plus uniquement par l'Eglise (catholique ou protestante ), mais
par des personnes, des associations ou des institutions laïques.
Dès le milieu du siècle et partout dans l'Europe des
Lumières, en France et en Allemagne comme dans la lointaine
Roumanie (étudiée ici par A. Du!u), des livres et
des projets d'éducation populaires sont proposés,
destinés à se substituer à la fois aux cantiques,
sermons et catéchismes diffusés par l'Eglise et les
présumés « contes fades et ridicules »
de la littérature populaire orale et écrite. Ainsi
l'almanach Noth-und Hilfsbüchlein für Bauersleute (1788)
de l'Allemand Rudolf Zacharias Becker, conçu pour un public
de paysans et imprimé à un million d'exemplaires jusqu'en
1813, devint le grand bestseller de la « Goethezeit »,
dépassant de loin Werther (Siegert 1978 ; Voss 1981, 209).
Malgré de nombreux projets et tentatives, souvent dans le
cadre de concours académiques ou promus par des hommes des
Lumières comme Concordet ou Philipon de la Madeleine (Richter
1984, 24-43 ; Payne 1976, 59-71), une littérature éducative
laïque à destination et à« écriture
» populaires ne verra le jour en France qu'au cours de la
Révolution . En témoignent des créations de
journaux comme La Feuille Villageoise (1791-96) issue du Cercle
Social, et les Père Duchesne étudiés ci-après
par J. Guilhaumou, les concours de « livres élémentaires
» organisés par le Comité d'instruction publique
de la Convention, la rédaction et la diffusion à grande
échelle, en cahiers et en placards, du Tableau des actions
héroïques et vertueuses des républicains imprimé
à plus de 100 000 exemplaires (Julia 1981,210), et le «
concours de l'Almanach politique » en 1791 qui vit le couronnement
de l'Almanach du Père Gérard de Collot d'Herbois (Sonnet
1980), pour ne citer que quelques réalisations représentatives.
La garde citoyenne de Besançon (un exemple parmi des centaines)
établit à ses propres frais en 1790 un « cabinet
de lecture » pour les soldats de la garnison où «
ces braves défenseurs de la patrie apprendront les opérations
de l'assemblée nationale, s'instruiront de leurs devoirs
comme hommes, comme citoyens et comme soldats, et prendront à
la chose publique l'intérêt qui lui est due »
. L'époque révolutionnaire apparaît ainsi à
la fois comme aboutissement et comme transgression laïque de
l'utilisation des littératures populaires comme moyens d'acculturation
des couches subalternes de la société où les
modèles de civilité, de morale, d'éducation
et de comportement politique définis par les élites
culturelles et sociales se coulent dans des formes souvent empruntées
aux langages de la culture orale. En .même temps elles répondent
aux besoins croissants de nouvelles couches de lecteurs en matière
de lecture, d'instruction et d'information. « Nous espérons
», écrit la Chronique de Paris à propos des
« Faiseurs d'almanachs » en 1792, « que les rédacteurs
des almanachs français se mettront, pour cette année
enfin, au niveau de la révolution. Un almanach est un livre
de poche et de cabinet ; où l'on apprend, pour deux sols,
de grandes vérités astronomiques, politiques, physiques
et autres: il importe que nos instituteurs en ce genre se piquent
de ne pas les souiller par des sottises du vieux régime et
par de vieux préjugés » (24 sept. 1979, n°
276, p. 1170).
5. Les perspectives d'analyse comparatistes ne sont présentes
ici que dans l'étude d'A. Dutu. Et pourtant elles s'imposent
pour l'étude des littératures populaires autant que
pour celle des littératures savantes de l'époque.
Les travaux pionniers de R. Schenda (1977) et de P. Burke (1978,
1981) ont tracé un impressionnant tableau synoptique de cultures
et de littératures populaires large- ment comparables au
niveau de l'espace européen, liées par de multiples
canaux de diffusion qui véhiculent des thèmes, des
textes et des formes d'expression communs, et qui s'avèrent
déterminées par des modes de vie et des poussées
d'alphabétisation analogues. L ' Histoire de Louis Mandrin,
par exemple, se retrouve deux ans après sa parution en 1755
dans la Bibliothèque Bleue de Troyes, dans des traductions
allemande, italienne et anglaise, de même que la biographie
populaire de Cartouche, autre best-seller de la Bibliothèque
Bleue, qu'on retrouve en Allemagne sous différentes versions
traduites jusqu'aux alentours des années 30 du 19e siècle
(voir Lüsebrink 1983, 1984). Fortunatus et l'Espiègle,
sujets de livrets populaires français, proviennent de l'
Allemagne, le Buscón, figure d'un des livrets bleus édités
et analysés par R. Chartier (1982) vient d'Espagne, de nombreux
livrets bleus et « Volksbücher » allemands des
16e, 17e et 18e siècles sont traduits dans les langues de
l'Europe de l'Est et du Sud-Est, comme le montre A. Dutu : autant
d'exemples faciles à multiplier qui soulignent la nécessité
d'une analyse plus fine des modes de traduction des textes, des
réseaux de liaison entre les éditeurs et de la distribution
spatio-temporelle des genres et des formes d'ex- pression des littératures
populaires à l'intérieur de l'Europe.
On a donc souhaité étendre l'étude des littératures
populaires et de la circulation de l'écrit à un espace
plus large que celui généralement choisi, la nation
ou la région. En effet, en dehors des ouvrages cités
de Burke et Schenda, peu de travaux comparatistes existent dans
ce domaine. Pour la littérature de colportage, on pourrait
relever de nombreux points de convergence, avec des phénomènes
spécifiques selon le pays concerné. Les articles présentés
ici sont une première tentative dans cette voie. Ils montrent,
en particulier avec l'exemple des chapbooks , que des interférences
thématiques existent entre la France et l'Angleterre, qui
pour- raient être retrouvées dans d'autres littératures
européennes : sans doute l'intérêt pour les
récits criminels apparaît-il plus tôt en Angleterre
et avec davantage d'envergure dans la diffusion qu'en France (pour
des raisons liées au développement plus ancien de
la presse et à sa relative liberté; voir Habermas
1975), mais le thème de la roue de Fortune décrit
ici par Gilles Duval représente assurément, quant
à lui, une sorte d'archétype. De même repère-
t-on dans les romans de colportage (Pierre de Provence, Robert le
Diable, Huon de Bordeaux) et dans les Vies de saints la récurrence
appuyée du thème de la déchéance et
des souffrances des Grands de ce monde. Mais toujours apparaît
en filigrane le rachat par la pénitence et la reconnaissance
sociale au moment du dénouement, processus que le mélodrame
contribuera à rendre familier. L'analyse de la « filière
» méditerranéenne par A. Dutu montre, à
son tour, les méandres et la complexité des échanges
culturels, puisqu'un roman de chevalerie français, traduit
d'abord en grec et imprimé à Venise au 16e siècle,
circule deux siècles plus tard sous forme manuscrite en roumain.
Cette importation du savoir , qui se fait d'ailleurs à travers
le jeu des réécritures, a quelque chose de terriblement
fragile: un commerce du livre qui ressemble à une caravane
d'épices ou à une source souterraine résurgente.
Aujourd'hui encore et de la même façon, des pans de
cette ancienne littérature subsistent miraculeusement dans
la littérature de cordel brésilienne (voir Y. Fonseca
dos Santos 1979, Peloso 1983) puisque l' Histoire de Robert le Diable
continue de hanter l'imaginaire et conduit un cangaceiro du Nordeste
à s'identifier au héros médiéval: «
Les chanteurs ambulants racontaient les histoires d'Olivier, de
la princesse Maguelonne, de Charlemagne et des Douze Pairs de France.
Joao les écoutait les yeux écarquillés, ses
lèvres remuant au rythme de celles du trouvère. Puis
il avait des rêves somptueux où résonnaient
les lances des chevaliers qui sauvaient la Chrétienté
des hordes païennes.
Mais l'histoire qui devint la chair de sa chair fut celle de Robert
le Diable, ce fils du duc de Normandie qui, après avoir commis
toutes les turpitudes, s'était repenti et mis à marcher
à quatre pattes, aboyant au lieu de parler et dormant au
milieu des bêtes, jusqu'à ce qu'ayant obtenu la miséricorde
du Bon Jésus, il eût sauvé l'Empereur de l'attaque
des Maures et se fût marié avec la reine du Brésil
» .
LISE ANDRIES (C.N.R.S. Paris) et HANS-JÜRGEN
LÜSEBRINK (Université de Bayreuth)
NOTES
1. Voir plus loin l'article de J. Quéniart. Sur les données
linguistiques et la politique de la langue à la fin du 18e
siècle, voir De Certeau/Julia/Revel1975 et Schlieben-Lange
1980.
2. Voir Chartier 1985 ; Schindler 1984,26-36,70-73 ; Belmont 1975
; Medick 1980 ; Ginzburg 1976, XI-XXV ; Marais 1980 ; Schenda 1982
; Assmann 1983.
3. C. Grignon et J..C. Passeron, Sociologie de la culture et sociologie
des cultures populaires, Séminaires de l'E.H.E.S.S., Documents
du aides n° 4, p. 44.
4. Voir aussi sur Rétif de la Bretonne, Benrekassa 1978 (qui
rejoint la perspective d'analyse et certaines des conclusions de
J. Testud) et Le Roy Ladurie ainsi que Lüsebrink 1985. Citons
en outre le « Journal » de Chavatte édité
par A. Lottin (1979) et les « Mémoires » de Simon
étudiés par Fillon 1982 et Roche 1982.
5. Sur l'almanach, voir les études partielles (mais peu littéraires)
de Bollème 1969, Sonnet 1980 et Welschinger 1883.
6. Voir aussi Roche 1981 ; Grosperrin 1984 ; Quéniart 1981
; Richter 1984, 3-16.
7. Voir Julia 1977, et, plus loin. l'article de Quéniart.
8. Voir Edelstein 1977 et Schlieben-Lange 1983 qui analyse à
partir de la Feuille Villageoise et d'autres textes à diffusion
populaire de l'époque révolutionnaire des formes de
« ré-oralisation » du texte écrit (par
des dialogues, etc.). 9. Chronique de Paris, n° 56 (25 février
1790), p. 222.
10. Vargas Llosa, La guerre de la fin du monde (Gallimard, 1981),
p. 66.
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